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 Le passé rencontre le présent....

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MessageSujet: Re: Le passé rencontre le présent....   Le passé rencontre le présent.... - Page 2 EmptyMar 16 Sep - 21:25

Le passé rencontre le présent...

-Oh, dans ce cas, je me vois obligé de faire demi-tour sur ma proposition... Manger seul face à une demoiselle n'est ni très galant, ni très agréable. Allons nous asseoir quelque part, ma chère, si vous me le permettez...

"- Je vous suis avec grand plaisir."

La jeune défunte se laissa guider par le pas sur et mesurés de son compagnon du moment, venant s'installer à ses côtés une fois que ce dernier eut trouvé siège à son goût. Juste un peu en retrait de l'agitation flagrante, afin de ne pas avoir à crier pour s'entendre mais assez proche pour profiter de l'ambiance et resté bercé par le brouhaha du marché.

L'esprit de la jeune fille de la Nature remarque le léger rougissement de l'As mais ne dit rien, faisant comme si elle n'avait rien remarqué. Chacun à sa propre façon de réagir et elle n'aimerait pas forcément être observée avec attention dans ce genre de cas alors lui laisser de l'air, pour qu'il reste égal à lui-même. Elle n'était point là pour le mettre mal à l'aise.

- J'aimerais que ce que vous dites soit vrai, mais vous avez de faux espoirs concernant ma personne, Nelieru... Je ne vaux pas plus que les autres, je dirais même que je suis le pire de tous. Demain, je pourrais très bien faire du mal au vieillard de tout à l'heure, seulement parce qu'on me l'aura ordonné... Je ne suis que l'As.

Son regard se pose doucement sur l'homme à ses côtés tandis qu'un sourire tendre s'affiche sur son visage. L'As n'a pas une place aisée, aussi bien au sein de sa Famille qu'au sein de la cité alors, il est normal qu'il réagisse ainsi. Sa vie ne doit pas être évidente, loin de là. La première qui lui vient est qu'il doit se sentir bien seul et cela la chagrine un peu. Alors, avec douceur, elle vient déposer sa main sur la sienne, en un geste de réconfort purement amical.

"- C'est justement parce que vous êtes conscient des limites qui incombent à votre rôle que vous êtes une personne de valeur. Oui, vous n'êtes que l'As mais vous êtes aussi vous-même, avec vos forces et vos faiblesses. Et c'est ce qui fait de vous un Homme complet. "

Son regard porté au départ sur Gaea s'éloigna doucement pour englober le paysage qui s'offrait devant ses yeux. Le Marché, plein de vie et de joies malgré les traces aussi récentes qu'anciennes des combats faisant rage chaque jour et chaque nuit. Une brise légère s'engouffra sous sa chevelure, la faisant voler quelques instants avant qu'elle ne reprenne la parole. Sa voix restait calme et sereine, son sourire doux et son expression bienveillante.

"- Je ne nourris pas d'espoirs à votre égard, je me base sur notre rencontre et sur votre façon d'être et d'agir. Vous avez trop de respect pour la vie en elle-même pour être une personne mauvaise. La preuve avec cette peluche qui vous obsède depuis son acquisition. Et comme vous l'avez dit un peu plus tôt: on ne peut pas toujours faire ce que l'on veut. Malheureusement... "

Il l'avait plus sous-entendu qu'autre chose mais cela revenait au même au final. Le regard de jade de la défunte finit par revenir se poser sur l'As à ses côtés avant de libérer sa main, pour ne pas le mettre davantage mal à l'aise, au cas où ce contact l'aurait gêné.

"- Celui qui ne se pose pas de questions, qui n'a pas d'états d'âme, cet homme là serait un monstre. Le simple fait de savoir faire la différence entre exécuter un ordre et être en accord avec ce dernier vous offre bien plus de qualités humaines que nombres de personnes, croyez-moi."
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MessageSujet: Re: Le passé rencontre le présent....   Le passé rencontre le présent.... - Page 2 EmptyMer 24 Sep - 12:44

Elle posa sa main sur la mienne. Je devais faire pitié et je m'en doutais bien, seulement je ne parvenais plus à m'illusionner suffisamment pour garder la tête haute. Je me demandais ce qu'elle pouvait bien penser de moi... Peut-être se demandait-elle ce que je fichais chez les Elementis avec une telle mentalité, et elle n'aurait pas été la seule à me questionner à ce sujet ; Pourquoi ? Cette question se ternissait face à l'indifférence que je lui accordais. Je me moquais des raisons, pour tout et tous. Gaara était un traître, pourquoi, ça m'était égal, j'étais un Elementis, pourquoi, peu importait du moment que je le demeurais, elle était un esprit, pourquoi... je m'en foutais, c'était un esprit et elle n'allait pas changer d'état. Je n'avais d'affection que pour les vérités et les faits, leurs explications en revanche m'endormaient. C'était d'un ennui, de toutes manières... Avoir une version mieux expliquée de 20 minutes sur un truc pour lequel 20 secondes suffiraient... mouais, non.

Pourtant, j'aimais la culture, être cultivé donc supérieur à la masse pataugeant dans l'ignorance... mais je n'aimais pas ce qu'il y avait au milieu, le temps à accorder au savoir dans l'espoir de l'obtenir, ce genre de choses. Le contact de sa main sur ma peau ne me gêna pas, néanmoins ; je sentais la rougeur sur mon visage s'estomper alors que je demeurais ainsi à la regarder. Je ne savais pas trop ce que j'éprouvais, de toutes façons... Je n'avais pas honte de moi, après tout, je ne faisais qu'exercer mon métier, mais je n'étais pas fier non plus. Cette foule et cette masse sans visage distinct, je voulais la protéger, éviter qu'elle ne souffre de nos querelles... mais était-ce seulement possible ? Je ne le croyais pas. Baissant la tête, j'attrapais les doigts de la jeune femme et les serrais dans les miens, la regardant au travers des mèches composant ma frange retombée sur mon visage :

"- C'est justement parce que vous êtes conscient des limites qui incombent à votre rôle que vous êtes une personne de valeur. Oui, vous n'êtes que l'As mais vous êtes aussi vous-même, avec vos forces et vos faiblesses. Et c'est ce qui fait de vous un Homme complet. "

Je ne comprenais pas entièrement ses dires, mais ils me plaisaient. Nelieru faisait preuve d'intelligence, de gentillesse et de tolérance à l'égard d'un type qui n'inspirait rien de tout cela, et je lui en étais reconnaissant : C'était rare de trouver une personne qui tentait réellement de me comprendre et de me rassurer lorsque je devais faire face à mes démons. La seule qui s'intéressait vraiment à moi était Luna, à l'époque... avant que ça ne tourne mal, certes, mais elle s'inquiétait constamment pour ma poire, alors que je ne faisais que la blesser et l'ignorer. Je ne pouvais pas avoir meilleure soeur... Bref. J'observais sa chevelure danser avec le souffle du vent, accompagnée par la masse noire que représentait la mienne ; j'étais bon pour aller me recoiffer... Je pouffais avant de repenser à Gaara et à son mépris de la faiblesse, défaut qu'il m'avait de suite affublé, peut-être simplement en voyant que je ne l'avais pas attaqué malgré sa trahison supposée. Faible j'étais, et je l'acceptais. C'était ainsi que j'allais trouver ma force... :

- Je ne sais pas, Nelieru... Dans ma position, la faiblesse n'est pas acceptable pour ceux qui m'entourent, même s'il s'agit de quelque chose pour laquelle je ne peux rien. Je suis né faible.

Mentalement et physiquement. Je marmonnais cette précision dans ma barbe invisible, puis levai les yeux vers elle en attente d'une quelconque réaction, sauf qu'elle gardait son sourire apaisant aux lèvres comme si elle avait un gosse apeuré face à elle, gosse à ne pas faire fuir en pleurant. Pourtant, ce que je disais, bien que très pessimiste, était d'une véracité à faire pleurer : Un As, faible ? C'était une ignominie... Même si je m'entraînais au delà du raisonnable de façon à exceller dans mon élément et de ne pas être vaincu par mes ennemis, mon corps ne suivait pas et restait à la traîne derrière, tel un boulet accroché à mes jambes. Pourquoi fallait-il que je naisse avec une constitution fragile ? Pourquoi pas Luna ? J'aurais peut-être pu la protéger si jamais les malheurs avaient été inversés... non, il fallait que je me ressaisisse... ce n'était à souhaiter à personne. Tout en essayant de remettre mes idées en place, je continuais à surveiller les moindres syllabes exprimées d'entre les lèvres de Nelieru, qui reprit son discours :

"- Je ne nourris pas d'espoirs à votre égard, je me base sur notre rencontre et sur votre façon d'être et d'agir. Vous avez trop de respect pour la vie en elle-même pour être une personne mauvaise. La preuve avec cette peluche qui vous obsède depuis son acquisition. Et comme vous l'avez dit un peu plus tôt: on ne peut pas toujours faire ce que l'on veut. Malheureusement... "

J'haussai un sourcil. Moi, respectueux de la vie ? Elle espérait trop, mais beaucoup trop... je l'ôtai comme s'il s'agissait d'un bouton sur un visage adolescent, pour peu qu'on me le demandait ! Je soupirai tout en regardant la main de la femme s'ôter de la mienne, sûrement en réalisant l’ambiguïté de la chose, avant de prendre la peluche et de l'observer sous toutes les coutures. Des regrets ? Je ressentais des regrets ? Non, je n'avais encore rien fait pour l'instant, en tant qu'As... Outre me méfier des miens en leur coupant les infos, voler l'autorité de la reine en agissant de mon côté tel un enfant boudeur qui ne voudrait pas partager ses jouets, spammer les suspects de bonhommes de terre, d'espions et de moi-même de manière à les garder à vue.... Non, je n'avais encore rien fait que je regrettais. Peut-être plus tard, j'en aurais... mais à ce moment-là, je me sentais aussi blanc qu'un mouton tout juste né, avec le sang sur la laine en moins. Quoique ...

"- Celui qui ne se pose pas de questions, qui n'a pas d'états d'âme, cet homme là serait un monstre. Le simple fait de savoir faire la différence entre exécuter un ordre et être en accord avec ce dernier vous offre bien plus de qualités humaines que nombres de personnes, croyez-moi."

J'écoutais encore et encore la suite de ses propos tout en remuant un peu la tête en avant, pour lui faire comprendre que je comprenais bien. Elle me flattait plus qu'elle ne disait la vérité, mais c'était une bonne chose. C'était peut-être mieux si personne ne voyait ce qui se cachait sous le masque, et de rester seul. Je mentais moins dans ma solitude aussi... L'air quelque peu attristé malgré tout, je lui adressai un petit sourire de politesse avant de lui répondre :

- Je pense que vous vous trompez, vraiment... J'ai déjà tué des gens, même... je repensais à mes géniteurs puis souriais presque par maladresse, trahissant mon bonheur tout de même à ce propos, en dehors de mes fonctions... Et certains, je ne les regrette absolument pas...

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MessageSujet: Re: Le passé rencontre le présent....   Le passé rencontre le présent.... - Page 2 EmptyMer 24 Sep - 19:35

Le passé rencontre le présent...

- Je ne sais pas, Nelieru... Dans ma position, la faiblesse n'est pas acceptable pour ceux qui m'entourent, même s'il s'agit de quelque chose pour laquelle je ne peux rien. Je suis né faible.

"- Personne n'aime se retrouver faible. Que cela soit occasionnel ou pas. Physiquement comme psychiquement. Mais les gens faibles ont un avantage sur ceux qui ne le sont pas ou moins: eux savent ce que c'est que de se battre. Et si vous êtes devenu l'As malgré tout, c'est qu'il y avait forcément une raison. Même si vous la voyez pas aujourd'hui, le futur vous le dira...."

Il faut savoir laisser le temps au temps. S'il y avait bien une chose que son statut d'esprit lui avait appris, c'était ça. La jeune fille aux cheveux d'azur ferma les yeux quelques instants, se gavant simplement du brouhaha léger alentour, remplit de vie. Un soupir lui échappa tandis qu'elle revenait sur Terre. Oui, la mort lui avait pris beaucoup mais sa seconde existence lui offrait bien assez pour pouvoir encore espérer. Et elle continuerait à croire, envers et contre tout. Quitte à être la seule à oser croire encore que la paix sera possible, un jour.

Visiblement, le jeune homme aux cheveux noir de jais ne semblait pas vraiment agréer aux propos de la jeune Elementis défunte. Il acquiesçait à ses paroles mais il était flagrant qu'il n'y croyait pas. D'ailleurs, pas une fois il n'avait dit clairement oui à une de ses phrase. Pourtant, il continuait à l'écouter et à la détromper méthodiquement. Un peu comme un jeu étrange où le but inavoué serait d'être le premier à faire renoncer l'autre. Qui sait.

- Je pense que vous vous trompez, vraiment... J'ai déjà tué des gens, même...  Et certains, je ne les regrette absolument pas...  

"- Moi aussi, j'ai déjà pris des vies. Et je n'ai pas plus de regrets que cela non plus. Cela fait-il pour autant changer le regard que vous portez sur moi?"

Une pause pour le laisser réfléchir quelques instants à ses dernières paroles, son sourire simplement moins marqué, plus suggéré qu'autre chose. Non, l'esprit ne regrettait pas ses actes même si elle n'en était pas forcément fière pour autant. La jeune fille azurée laissa son regard venir croiser celui de l'As et s'y plonger. Non, elle ne mentait pas et il pourrait s'en rendre compte par lui-même.

"- Si vous choisissez de ne voir que le côté négatif des choses, c'est aussi cette part d'elles-même qu'elles se feront une joie de vous renvoyer. Votre but est louable, vous allez la volonté de faire avancer le monde avec les moyens à votre disposition. Moi, je n'ai pas besoin de plus pour croire en vous et vous souhaiter autant de réussite que possible."

La sincérité avait toujours été un leitmotiv pour la défunte Elementis et ce n'était pas aujourd'hui qu'elle comptait changer sa ligne de conduite. S'il préférait la solitude et le pessimisme, elle ne l'en empêcherais pas. Mais s'il voulait aspirer à plus, s'il venait à réclamer son aide d'une manière ou d'une autre, elle saurait répondre présente. Comme toujours.
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MessageSujet: Re: Le passé rencontre le présent....   Le passé rencontre le présent.... - Page 2 EmptyJeu 25 Sep - 21:26

Je me trouvais minable face à cette femme d'une bonté déconcertante qui tentait désespérément de me consoler dans ma descente aux abîmes de la dépression nerveuse. Ça m'arrivait quelquefois lorsque je réfléchissais trop, quand je voyais ce genre de choses, et réalisais les problèmes qu'impliquait mon métier. Je m'étais pourtant battu, débattu comme une bête pour acquérir ce rôle d'As et pouvoir diriger la Famille, mais quel intérêt à obtenir le pouvoir si rien ne changeait ? Les habitants allaient continuer à nous subir, et peut-être même un jour se révolteraient pour nous dégager... il fallait les aider, autant pour éviter les ennuis que pour leur épargner d'en avoir à leur tour. Il n'empêche que je ne savais pas comment, mais j'allais sûrement profiter de la présence de Nelieru pour obtenir conseil... Elle ne faisait que dire vrai sur beaucoup de choses, alors je devais sans doute lui accorder ma "confiance" pour ça ; je lui devais bien ce petit truc que j'avais dérobé à tant d'Elementis depuis le début de ma paranoïa... ils m'en voulaient sans doute, mais de ça je me moquais éperdument. Pas le choix, comme pour le reste !

Je hochais un peu la tête et la secouais comme pour me remettre les idées en place, puis accordais à nouveau mon intention à ma jeune et nouvelle camarade. Je me demandais néanmoins de quel côté elle était, même si elle m'avait rassuré sur le fait qu'elle ne nourrissait aucune pensée belliqueuse à mon encontre... Il n'y avait pas de bête avec elle, alors elle ne devait pas être une Domae... ou alors, l'animal était trop sauvage pour se balader à ses côtés, en public ? Tout en réfléchissant, je l'inspectais de haut en bas en évitant de passer pour un pervers lubrique, restant d'un sérieux à tout casser... non, elle était trop chétive. Une créature délicate de sa catégorie ne pouvait pas se livrer à des batailles criminelles entre deux familles aussi pécheresses l'une que l'autre. Mais elle avait dit être une médecin... Les soigneurs ne nécessitaient aucun muscle ni capacités au combat, alors je me plantais peut-être... mais ça m'était égal. Elle était gentille à mon égard, et ça suffisait à ce que je lui accorde ma sympathie :

"- Personne n'aime se retrouver faible. Que cela soit occasionnel ou pas. Physiquement comme psychiquement. Mais les gens faibles ont un avantage sur ceux qui ne le sont pas ou moins: eux savent ce que c'est que de se battre. Et si vous êtes devenu l'As malgré tout, c'est qu'il y avait forcément une raison. Même si vous la voyez pas aujourd'hui, le futur vous le dira...."

Pourquoi étais-je devenu l'As... En vérité, ce n'était que pour tirer les fils de mes propres doigts et pouvoir accorder la victoire à ma famille... du moins, je le pensais. Même mon entrée chez les Elementis était arrivée sur un coup de tête, alors comment pouvais-je connaître le pourquoi du comment à ce sujet ? D'ailleurs... Pourquoi As, et pas Roi ?... Je la regardais, courbais l'échine puis fus pris de gloussements rien qu'à l'idée de ma tête couronnée... Un roi ! Un type avec cape, sceptre et couronne ! Jamais de la vie... non, je savais très bien au final pourquoi cette idée ne me disait rien de bon. Suffisait juste de jeter un coup d'oeil à leur fin ! Après, j'avais aussi récupéré la place dite "maudite", puisqu'ils disparaissaient tous, les As... mais pas moi, je comptais rester chiant jusqu'à la fin !~
Puis bon, on m'avait bien précisé, avant, que l'As était un peu... la tête pensante, normalement. Et c'est ce que j'étais :

- Ne vous en faîtes pas... Je suis habitué à ma propre faiblesse et la connais très bien. J'ai appris à me battre même si ma santé ne me permet pas de bien le faire, mais j'ai des médicaments et de l'entraînement pour rattraper les erreurs de Dame Nature.

D'ailleurs, je ne les prenais pas tout le temps, ces drogues... Il fallait que je me ressaisisse à ce propos si je souhaitais réellement vivre assez longtemps pour connaître le futur de Quederla. Peut-être qu'on allait simplement tous crever comme les chiens que nous étions, pour finalement remplir une ville fantôme. Ce n'était pas une idée si répugnante, en y repensant à deux fois... Ça devait être amusant d'être un esprit... Plus de limites, plus de "bonne impression" à fournir, l'éternité devant soi pour tout apprendre des hommes et des choses... Ouais, je n'étais plus très sûr de vouloir vivre si j'me permettais de trop réfléchir à ce propos. Néanmoins, je me demandais si Nelieru n'en avait pas marre, de mon pessimisme. Comme plein d'autres, évidemment, il était difficile de réconforter un homme ayant l'habitude d'être rabaissé, et je le comprenais entièrement... Instinctivement, je cherchais une façon de la remercier, autre qu'une simple aide comme je l'avais fait tout à l'heure... mais je n'eus pas le temps d'y consacrer de trop, car elle renchérit directement après :

"- Moi aussi, j'ai déjà pris des vies. Et je n'ai pas plus de regrets que cela non plus. Cela fait-il pour autant changer le regard que vous portez sur moi?"

Elle aussi avait pris des vies... Mon visage se décomposa sous l'effet de la surprise, puis je sentis mes traits s'adoucir tandis qu'un sourire s'afficha sur mes lèvres. Nous étions donc pareils... certes, j'étais l'assassin de mes parents, crime impardonnable aux yeux d'une société aveugle, mais elle aussi avait tué... Sur le coup, cela m'étonnait, mais me rassurait en même temps. Qui avait-elle tué ? Et pourquoi ? Comment s'y était-elle prise ? Tant de questions déboulaient en fanfare sous mon crâne et s'entrechoquaient, provoquant des milliers d'explosions qui me filaient des maux de tête insupportables ; Je voulais tout savoir maintenant. Mais je savais qu'il fallait me contenir par politesse, en dépit de ma curiosité... moi, j'avais tué, seul et accompagné de ma soeur... même si je n'étais franchement pas seul, d'un côté. Les drogues, les somnifères, ce genre de choses... car franchement, sans rien et face à deux Elementis, l'adolescent que j'étais n'avait aucune chance ! Tout en pouffant de nouveau, je posai, moi, la main sur son épaule tout en me pressant de lui répondre :

- Non, absolument pas... ! Je veux dire... vous êtes gentille avec moi. Et j'en suis vraiment touché, comment pourrais-je me permettre de changer mon jugement - pour peu que je puisse vous juger, alors que votre présence m'est si agréable ?

C'était vrai, et pour une fois, il ne s'agissait pas de technique de drague foireuse basée sur la flatterie. J'adorais sa compagnie puisque j'avais perdu l'habitude de me balader aux côtés d'amis, et là, j'étais avec une belle demoiselle dans un coin du marché, en train de discuter de mes démons demeurés secrets jusqu'à présent... Cela me soulageait au plus haut point, de pouvoir enfin me confier à quelqu'un... Certes, je passais pour un idiot, mais pas à ses yeux, et c'était ce dont j'avais tant besoin. Elle me regardait désormais, droit dans les yeux comme si elle tentait de me jauger, voir si mes propos étaient vrais ou falsifiés par une couardise non avouée ; Je pensais tout ce que je disais pourtant. J'ignorai qu'on pouvait faire d'aussi belles rencontres simplement en aidant une demoiselle empotée et en lui accrochant son collier... c'était une bonne chose à savoir.

"- Si vous choisissez de ne voir que le côté négatif des choses, c'est aussi cette part d'elles-même qu'elles se feront une joie de vous renvoyer. Votre but est louable, vous allez la volonté de faire avancer le monde avec les moyens à votre disposition. Moi, je n'ai pas besoin de plus pour croire en vous et vous souhaiter autant de réussite que possible."

Elle croyait en moi ? C'était la meilleure, tout de même... mais au moins, il y avait quelqu'un ici bas qui le faisait, et j'en étais plutôt content. Beaucoup d'Elementis doutaient de mes capacités à diriger, et me limitaient aux soins que j'accordais à mon apparence physique simplement pour se foutre de ma gueule... mais elle, qui ne semblait pas être de la Famille (autrement, elle l'aurait simplement dit), m'offrait sa foi sans aucun problème, alors qu'elle devait bien voir que j'étais bien pire qu'un métrosexuel... Tout en passant une main dans ma chevelure en souriant d'un air un peu embarrassé, je me redressais puis la saluais, lui faisant signe de rester ici... Y avait pas à y réfléchir deux fois, je devais faire un truc en retour, mais quoi ? Je ne savais pas trop. J'arpentais à la quatrième vitesse les stands, à la recherche d'un truc que je pouvais lui offrir en guise de remerciement, car si pour elle qui devait avoir l'habitude des déprimés comme moi, ce n'était rien ; à mes yeux, cela signifiait tant... alors je n'allais pas lui laisser ma nullité comme seul souvenir de notre rencontre, ça non !

Au bout de quelques minutes à bousculer tout le monde, je trouvai un simple bracelet orné d'un saphir étoilé, que je jugeai ne pas être en toc après une longue examination sous le regard inquiet du vendeur (que j'avais trollé une à deux fois en fronçant les sourcils à de multiples reprises genre : "Y a une arnaque~..." alors qu'il n'y avait absolument rien)... Je le payai puis retournai vers Nelieru qui était restée là, courant histoire de ne pas la faire trop attendre. J'expirai longuement et, tout en restant un peu hésitant dans mon offre, tendis mon don vers ma jeune amie :

- Je sais que cela doit paraître étrange, mais j'aimerais vous en faire cadeau. Peut-être que vous n'aimez pas ce genre d'offre connue pour être "bling-bling", mais... j'ai pensé que puisque vous êtes partie pour porter un collier, autant avoir un bracelet au passage ! Je vous prie vraiment de l'accepter, pour vous remercier de votre gentillesse à mon égard... - - Mais j'ai fini, d'ailleurs, j'ai beaucoup parlé de moi... un peu trop même. Je m'asseyais à ses côtés après lui avoir posé le bracelet dans la main, puis la regardais. Quel âge avez-vous ?... Et qu'est-ce que vous faites de votre vie de tous les jours, en grande médecin que vous êtes ?...
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MessageSujet: Re: Le passé rencontre le présent....   Le passé rencontre le présent.... - Page 2 EmptyDim 28 Sep - 10:05

Le passé rencontre le présent...

- Ne vous en faîtes pas... Je suis habitué à ma propre faiblesse et la connais très bien. J'ai appris à me battre même si ma santé ne me permet pas de bien le faire, mais j'ai des médicaments et de l'entraînement pour rattraper les erreurs de Dame Nature.

Peut-être s'y était-il habitué en effet, mais on ne pardonne jamais totalement à Dame Nature. parce que l'être humain à toujours besoin d'un coupable sur qui rejeter la faute à son propre malheur. Mauvaise naissance, vie difficile, expériences injustes, tout le monde passait par là et la défunte n'avait pas fait exception à la règle. Avec le temps, elle simplement appris à se détacher de toutes ces préoccupations trop terre à terre pour l'esprit qu'elle était devenue.

"- Si vous êtes en accord avec vous-même, vous pourrez surpasser cette faiblesse. Et c'est ce que je vous souhaite de tout coeur."

Elle n'avait rien de plus à ajouter. Il était si rare que les Hommes reconnaissent d'eux-mêmes leurs faiblesses alors les accepter, n'en parlons pas. La jeune fille espérait simplement que malgré ce coup du sort, l'As pourrait continuer à avancer et faire sa vie telle qu'il la souhaiterait. Maintenant, elle attendait sa réaction quand au fait de lui apprendre qu'elle aussi avait déjà tuée.

- Non, absolument pas... ! Je veux dire... vous êtes gentille avec moi. Et j'en suis vraiment touché, comment pourrais-je me permettre de changer mon jugement - pour peu que je puisse vous juger, alors que votre présence m'est si agréable ?  

"- Ici, plus que n'importe où ailleurs, le jeu des apparences peut se révéler trompeurs. Et beaucoup de gens n'apprécient guère de se retrouver face à des réalités qui ne leur plaisent pas. C'est tout."

Un simple sourire calme et serein que l'esprit lui adressa avant que, de façon soudaine, son camarade ne se lève et la salue, lui faisant signe de bien vouloir l'attendre avant de disparaître avec hâte entre les étals du marché. Bien que s'interrogeant légèrement sur la raison précipitée de ce départ, la jeune défunte se contenta de rester là, assise tranquillement. Ses doigts revinrent jouer avec le pendentif à son cou dont elle actionné l'ouverture par un mécanisme complexe. Une légère mélodie s'en éleva, souvenir d'une berceuse disparue avant de dévoiler un bout de photo, calciné, ne laissant plus rien deviner sauf pour celle qui savait ce qui avait jadis orné le papier.

Perdue dans ses souvenirs, la demoiselle d'azur ne vit pas le temps passer et referma le médaillon sur l'apparition devant elle de la silhouette de son compagnon du moment, enfin de retour. Et arrivé à ça hauteur, le voilà qui lui tendait un bijou qu'elle observa avec curiosité.

- Je sais que cela doit paraître étrange, mais j'aimerais vous en faire cadeau. Peut-être que vous n'aimez pas ce genre d'offre connue pour être "bling-bling", mais... j'ai pensé que puisque vous êtes partie pour porter un collier, autant avoir un bracelet au passage ! Je vous prie vraiment de l'accepter, pour vous remercier de votre gentillesse à mon égard...
Mais j'ai fini, d'ailleurs, j'ai beaucoup parlé de moi... un peu trop même. Quel âge avez-vous ?... Et qu'est-ce que vous faites de votre vie de tous les jours, en grande médecin que vous êtes ?...


"- Je vous remercie sincèrement, c'est une délicate attention que je saurais apprécier à sa juste valeur."

Attrapant le bracelet avec douceur, elle le leva un peu, pour admirer le détail de ce dernier avant de venir le glisser à son poignet. Sur le coup, le poids bien que léger lui paru inhabituel mais rien d'insurmontable. D'ici quelques jours, elle n'y penserait plus. Et il était vraiment joli. Revenant à son interlocuteur, elle se mit donc à répondre à ses questions.

"- Vous savez, ma vie n'a rien de vraiment exceptionnelle. Si ce n'est sa longévité, sans doute. Il y a environ 107 ans que je foule ce sol bien que je n'ai connu que 21 années de vie réelle.
Quant à ce que je fais, cela risque de vous paraître banal. Je cultive un jardin pour faire pousser les plantes dont mes connaissances en herboristerie ont besoin et sinon, je viens simplement en aide à qui me le demande où en a besoin."


Elle marqua une légère pause, le laissant déjà digérer ses paroles. 107 ans, rien que le chiffre pouvait parfois provoquer un choc alors pas la peine d'aller trop vite. Et puis, de ce fait, il aurait sans doute d'autres questions à lui poser à ce sujet, cela arrivait souvent.En attendant, elle reprit doucement la parole, toujours aussi sereine.

"- Comme tout le monde, j'ai d'abord jugé ma mort injuste mais avec le recul, j'ai réalisé que finalement, ma vie était faite pour s'arrêter ainsi. Alors, je l'ai accepté. Et depuis, je me consacre à sauver et aider tous ceux qui ont besoin de moi. Ou simplement d'une épaule pour pleurer ou d'une oreille attentive pour les écouter. "
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MessageSujet: Re: Le passé rencontre le présent....   Le passé rencontre le présent.... - Page 2 EmptyMar 7 Oct - 11:48

"- Si vous êtes en accord avec vous-même, vous pourrez surpasser cette faiblesse. Et c'est ce que je vous souhaite de tout coeur."

J'observai la demoiselle sans ciller, réfléchissant à ses propos tandis que je sentais, sous mon crâne, s'activer les neurones autochtones à deux doigts de cuire tant la réponse ne parvenait pas à être obtenue. Moi, en accord avec moi-même ? Impossible ! Je changeais d'avis comme de chemises, et ne réussissais jamais à me satisfaire d'une seule théorie.  En plus, peu importe le nombre d'accords que j'accordais à ma personne, je ne pouvais lutter contre ma faiblesse physique ; Me permettre d'avoir des crises d'angoisse ou d'asthme au beau milieu du champ de bataille était bien trop dangereux, autant pour mes coéquipiers que pour ma misérable poire. Je pensais qu'en m'entraînant, j'allais endurer plus aisément ces douleurs, mais il n'en fut rien... On ne peut aller à l'encontre de la nature, et je savais très bien que si elle m'avait forgé à l'aide de matériaux aussi faibles, c'est bien parce qu'elle n'était qu'une sombre connasse, partisane des confrères.

En dépit de tout, je lui souris d'un air naturel, tout de même touché par l'aide qu'elle tentait de m'apporter. C'était décidément une personne gentille... mais il y avait des plaies que le baume ne pourrait jamais panser, et la vision que je portai à moi-même en faisait partie. Si je devins Elementis, c'est parce que vivre seul par mes propres poings s'avérait impossible, et si j'en endossais le titre d'As, c'est parce que la sensation d'être inutile à ma famille me pourrissait la vie. Ma logique s'arrêtait à là, je n'avais rien à voir avec l'espèce de tyran impliqué qu'on décrivait sur mon passage. Si je le pouvais, moi aussi, je passerais mon temps avec les orteils en éventail, mais voilà. J'avais besoin de servir à quelque chose, d'avoir une cause à défendre, et c'était tombé sur Quederla. Moi, vivant, je ne laisserais à personne la direction de cette ville qui, par n'importe quel moyen, allait forcément retomber entre nos mains. J'allais tout faire pour l'accomplir. Répugner devant rien, ne reculer devant rien même si la lame de la faucheuse demeurait présente sous ma gorge... pas le choix :

- Merci, vraiment... J'espère en effet pouvoir combler les erreurs de la nature, même si ça m'a l'air encore difficile. Vous n'avez jamais eu de problèmes avec les conflits de votre côté ?

Et encore, j'avais tout de même réussi à compenser en maîtrisant à merveille mon élément, de façon à ensevelir sous terre quiconque m'énerverait de trop pour son propre bien. Mais je n'étais pas un tueur, ou du moins, j'étais mieux que ça ; Je ne comptais assassiner personne si en contrepartie personne ne prévoyait ma mort, bien entendu. Ma matière grise ne manquait pas suffisamment pour me laisser buter : J'allais gagner Quederla, la laisser aux Elementis et me tirer en Europe sans prévenir personne. Voyager, ce genre de trucs... A 32 ans, ce serait misérable de n'avoir jamais rien vu du reste du monde ! Oui, voilà ce que je ferais, une fois toutes ces conneries mises de côté... Faire mon baluchon, pour me trouver d'autres buts dans la vie, de toutes façons, ça n'allait pas durer. Pour arrêter la guerre à Quederla, il fallait limite la faire imploser. Donc je n'y resterais pas...

"- Je vous remercie sincèrement, c'est une délicate attention que je saurais apprécier à sa juste valeur."

Alors que je me faisais ma petite liste de fourniture à emporter lors de ma potentielle fuite, je voyais Nelieru soupeser mon bracelet avant de l'accrocher à son poignet, l'inspectant avec un petit air curieux. Ça ne valait pas grand-chose, c'est sûr j'avais payé plus cher pour d'autres babioles à offrir, mais ce bijou était le seul à avoir attiré mon regard sur lui. Alors je l'avais acheté, quand même ; ça ne me coûtait rien de mettre pour une fois la main au porte-feuilles, surtout qu'elle m'offrait de son temps libre pour écouter les lamentations de l'As Elementis... franchement, si ça, ce n'était pas quelqu'un de trop compatissant pour son propre bien, il fallait m'expliquer ! J'espérai seulement que sa gentillesse n'allait pas lui coûter la vie dans l'avenir, être trop bon supposait être aussi suicidaire, dans une ville comme celle-ci :

"- Vous savez, ma vie n'a rien de vraiment exceptionnelle. Si ce n'est sa longévité, sans doute. Il y a environ 107 ans que je foule ce sol bien que je n'ai connu que 21 années de vie réelle.  Quant à ce que je fais, cela risque de vous paraître banal. Je cultive un jardin pour faire pousser les plantes dont mes connaissances en herboristerie ont besoin et sinon, je viens simplement en aide à qui me le demande où en a besoin."

J'hochai la tête lentement, à droite, puis à gauche, puis m'arrêtai brusquement, sentant presque ma mâchoire se déboîter en comprenant son âge. 107 ans ? 107 ANS ?! C'était une blague ! Nerveusement, je ne pus retenir un petit rire nerveux, haussant un sourcil tout en l'inspectant de haut en bas, avant de poser ma main sur son épaule pour la palper. Ça, un esprit ? Non, les esprits n'étaient pas faits de chair et de sang, c'était justement le concept même de l'esprit, alors pourquoi pouvait-elle me toucher, et pire, porter mon offre ? Mais tout de même, 107 ans... Moi qui me trouvais vieux... était-ce le bon moment de sortir le coup d'charme du "Oh, vous ne faîtes pas votre âge." ? Absolument pas ! C'était... c'était... bizarre oui. Comment pouvait-elle supporter d'être immort... éternelle, oui, éternelle ?! Ca devait être horrible...

- Vous... vous êtes un esprit ? Une Elementis de type plante, ou terre -je sais que je pourrais très bien faire herboriste avec mon élément, donc bon-... c'est ça ? Ou juste une habitante ?...

Après tout, il était toujours bon de savoir avec qui on causait, pour une fois qu'on daignait limite me le dire. Je ne savais pas pourquoi, mais la plupart des gens avaient tendance à garder le silence quand je demandais de quel camp ils faisaient partie, comme si j'étais une bête sanguinaire qui allait leur bouffer la tête s'ils étaient d'une autre famille. Comme quoi, la désinformation pouvait très bien changer la vision des gens sur leurs voisins, je n'ai jamais été "mauvais" avec quiconque... à part Gaara, mais il l'ignorait encore. Je ne faisais que l'embêter, rien de plus... pour une fois que je ressortais VRAIMENT de mes fonctions. (car techniquement, harceler un membre ne venait absolument pas de mon rôle~.)

"- Comme tout le monde, j'ai d'abord jugé ma mort injuste mais avec le recul, j'ai réalisé que finalement, ma vie était faite pour s'arrêter ainsi. Alors, je l'ai accepté. Et depuis, je me consacre à sauver et aider tous ceux qui ont besoin de moi. Ou simplement d'une épaule pour pleurer ou d'une oreille attentive pour les écouter. "

- ... J'hésitais un instant à parler, puis balançai comme une rose la question qui me trottait sous la caboche comme un joyeux petit lapin : Si ce n'est pas trop indiscret... comment êtes-vous morte ? Vous n'êtes pas obligée de me répondre, bien sûr, uh ? Et comment ça se fait que je puisse vous toucher...?
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MessageSujet: Re: Le passé rencontre le présent....   Le passé rencontre le présent.... - Page 2 EmptyMar 7 Oct - 21:55

Le passé rencontre le présent...

- Merci, vraiment... J'espère en effet pouvoir combler les erreurs de la nature, même si ça m'a l'air encore difficile. Vous n'avez jamais eu de problèmes avec les conflits de votre côté ?

"- Les conflits sont l'essences même de notre existence, malheureusement. Sinon, nous serions pas si aptes à toujours tout juger d'un simple regard. Je n'en ai pas trop souffert de mon vivant mais ils étaient déjà bien présent. Et j'ai eu tout le loisir de les voir s'envenimer depuis le temps. Cependant, de ma place, je ne puis rien faire pour y mettre un terme, alors je me contente d'agir dans la mesure de mes capacités et en accord avec mon âme et conscience. "

Le bracelet à son poignet,, jouant de ses doigts fins à dessiner le contour de la pierre en forme d'étoile à son bras, la jeune femme avait laissé son regard dévié sur la foule continuant son incessant ballet devant eux. Peu importe la guerre qui faisait rage, la vie était toujours là. L'espoir, bien que mince, pulsait toujours dans les cœurs et cette mélodie était un véritable bonheur pour l'esprit solitaire qu'elle était devenue.

Le temps ne permettait peut-être pas de devenir meilleur mais ce dernier lui avait appris à lire, déchiffrer et sentir bien plus de choses que ce que n'importe qui pouvait découvrir. Car son essence même était libérée de cette enveloppe charnelle que représentait un corps, la laissant plus proche que jamais de tout et de tous. Alors oui, la défunte azurée avait fait de sa mort un atout non négligeable au final. Elle serait cette voix dont le peuple à besoin quand il n'arrive plus à parler, ce souffle qui manque aux personnes essoufflées, cette étincelle pour ces gens perdus et à bout d'espoir. Sa vie, ce serait celle des autres....

- Vous... vous êtes un esprit ? Une Elementis de type plante, ou terre -je sais que je pourrais très bien faire herboriste avec mon élément, donc bon-... c'est ça ? Ou juste une habitante ?...  

Les pupilles vert de jade de la jeune fille revinrent se poser sur l'As avec un sourire doux, acquiesçant doucement au début de sa tirade. Oui, un esprit. Un être déjà mort mais revenu à la vie, voilà ce qu'elle était.

"- Les Elementis m'ont accueilli et offert une Famille lorsque je n'avais plus rien et, quelques années plus tard, m'ont fait cadeau de leur secret. Ma profession a t'elle influencée mon Don? Ou l'inverse? Personne ne le saura jamais mais je suis plus portée sur la Nature et les Plantes que sur la Terre en elle-même. "

Son rire nerveux ne lui échappa pas mais elle ne lui en tint nullement rigueur. Tout comme elle réalisa bien évidement que sa main venue se poser sur son épaule était une sorte de test, pour s'assurer de sa présence à ses côtés. Oui, il devait paraître difficile de croire à de telles allégations de sa part pourtant, tout n'était que pure vérité.

- Si ce n'est pas trop indiscret... comment êtes-vous morte ? Vous n'êtes pas obligée de me répondre, bien sûr, uh ? Et comment ça se fait que je puisse vous toucher...?

Un sourire un brin mélancolique vint se peindre sur le visage de la jeune défunte. Étrangement, cette question semblait relever d'une grande importance pour la plupart des personnes encore vivantes. Pourtant, est-ce que cela changeait quelque chose en fin de compte? Elle n'en savait rien mais elle n'avait rien à cacher alors, une fois de plus, elle reprit son récit sur sa propre fin.

"- Un incendie s'est déclaré dans la maison de l'Homme que j'aimais, chez qui je passais la nuit. Nous avons réussi à rejoindre le rez de chaussée mais alors que nous nous frayions difficilement un passage vers la porte d'entrée, notre salut, une poutre s'est détachée du plafond.
Je suis parvenue à temps à pousser mon bien-aimé hors des flammes et de la maison, mais j'ai fini mon existence ensevelie sous cette poutre avant d'être dévorée par les flammes..."


Une pause, nécessaire autant pour l'esprit que pour son interlocuteur du moment. Parler de sa mort, même après des années, cela ne rends nullement les événements plus faciles, ni la réalité plus simple à admettre. Maintenant, elle connaissait bien sa propre réalité alors autant laisser à Gaea le temps de l'assimiler aussi.

"- C'est assez cocasse. moi, une fille de la nature, j'ai été détruite par mon pire ennemi de tout temps: le feu...."

Une pointe d'humour, surtout pour tenter de dédramatiser la situation,. Non, elle n'était pas si triste, les larmes ou la rancune qu'elle aurait pu nourrir s'étaient taries depuis longtemps. Aujourd'hui, elle avait acceptée son sort et s'en satisfaisait même pleinement. Même si forcément, elle ne pouvait que regretter certaines choses comme des rêves de son vivant qui aujourd'hui, lui étaient devenues et à jamais inaccessibles.

"- Avec le temps, la maîtrise de soi-même devient meilleure. On acquiert de l'expérience, on se perfectionne dans ses pouvoirs et on apprend à mieux se contrôler. Il en va de même pour moi. A travers les années, j'ai appris à utiliser au mieux mon énergie afin de pouvoir reprendre forme terrestre et palpable. Mais comme tout un chacun, chaque dépense d'énergie m'affaiblit et lorsque que je suis trop faible, je redeviens un simple esprit. Impalpable et invisible aux yeux de tous."
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MessageSujet: Re: Le passé rencontre le présent....   Le passé rencontre le présent.... - Page 2 EmptyJeu 9 Oct - 17:53

"- Les conflits sont l'essences même de notre existence, malheureusement. Sinon, nous serions pas si aptes à toujours tout juger d'un simple regard. Je n'en ai pas trop souffert de mon vivant mais ils étaient déjà bien présent. Et j'ai eu tout le loisir de les voir s'envenimer depuis le temps. Cependant, de ma place, je ne puis rien faire pour y mettre un terme, alors je me contente d'agir dans la mesure de mes capacités et en accord avec mon âme et conscience. "

Elle disait vrai. Agir seul contre le passé et la haine des Hommes était impossible à accomplir, à moins d'avoir la stature et la logorrhée suffisamment plaisante pour diriger la masse humaine. Un peu comme cet homme qui dirigeait les confrères mais qui, selon les rumeurs, avait péri sous la main de je-ne-sais-quel-bidasse-un-peu-trop-porté-sur-la-confiture. Triste fin pour un bel orateur, pour peu que ce soit la vérité... mais au final, que ce fut vrai ou non, cela ne changeait rien à mes plans : J'allais me débarrasser des confrères de la façon qu'ils préféraient le plus, pacifique, histoire de ne pas m'attirer les foudres du peuple en distribuant des coups de botte à leurs fameux défenseurs. Il fallait juste les chasser avant qu'ils ne nous détruisent entièrement, qu'est-ce qui les retenait donc chez nous ? Le besoin d'espionner ? Etait-ce là le seul remerciement qu'ils daignaient offrir à leur feu clan ? Minable... juste, minable...

Mais... Comment faire pour jongler entre la populace et le clan ? Et surtout, comment m'assurer que ma famille n'irait pas les zigouiller si j'attrapais certains vers solitaires grouillant dans les entrailles de nos troupes ? Les Elementis avaient beau être des miens, ils n'en restaient pas moins des hommes, donc des bêtes dotées d'une conscience mais aussi d'un instinct animal. Qui sait, leur intelligence pouvait vite être dévorée par leur besoin de haïr, et de tuer... ils pouvaient même se retourner contre le conclave si une envie anarchiste les prenait.  Toujours se méfier de ses alliés, c'était sûrement la leçon que je devais tirer de ma réflexion...

Presque avec hésitation, j'attrapai sa main avant de la serrer dans la mienne, simplement pour lui intimer de garder espoir pour la suite des événements... Rien n'était fichu, ni terminé, tout venait juste de recommencer alors avec des gens tels que nous, une issue était encore possible... Il fallait plus de gens néanmoins, je ne pouvais pas compter sur les confrères qui n'étaient rien de plus qu'un rassemblement de traîtres incapables de faire honneur à leurs familles ; j'allais réussir, moi, de mon côté en portant les couleurs des Elementis. Je m'en étais fait la promesse de toutes manières... Doucement, je lâchai sa main histoire de ne pas la mettre mal à l'aise puis lui désignai les passants d'un geste du bras théâtral, balayant le vent sous mon passage :

- Vous pouvez me faire confiance Nelieru. Je mettrai fin à la souffrance des habitants, quitte à devoir discutailler avec les deux Conclaves. Nous avons trop longtemps fermé les yeux sur ce qu'ils vivaient tant l'appât du trône était puissant... mais quel intérêt d'avoir le pouvoir sur un peuple qui nous hait ?

Elle qui était médecin devait comprendre ce que j'insinuais. Lors des combats, beaucoup de dégâts étaient infligés aux bâtiments et certains habitants périssaient sous les décombres, ou emportés par la violence des deux familles. Moi qui contrôlais la terre et pouvais forger des golems puissants, je pouvais m'assurer de combattre tout en protégeant au maximum les habitats, mais j'étais trop découvert face aux lames pour y parvenir correctement ou du moins, sans y laisser ma tête dans le tas... J'espérai donc que la Reine était douée au corps à corps, histoire de servir d'appât à l'ennemi. Rien de personnel, mais je ne pouvais pas me permettre de mourir désormais, pour Quederla. Mais elle non plus ne le devait pas, alors j'allais décidément devoir faire des pieds et des mains pour tout protéger... Misèèèère. Légèrement intimidé (quoiqu'embarrassé), je fis tournoyer une mèche autour de mon doigt tout en regardant Neli' du coin de l'oeil :

- J'aurais une petite faveur à vous demander néanmoins... S'il m'arrivait malheur, et par cela, j'insinue si j'étais blessé lors des conflits, pourrais-je compter sur vous et vos dons ? Voyez-vous... je suis hémophile, et j'ai donc bien plus de chance qu'un homme normal de périr à la suite d'une blessure... je ne connais pas beaucoup de médecins encore, et j'avoue ne plus faire confiance à celui qui m'est attribué avec toutes les trahisons au sein des familles...

J'avais un peu l'impression d'abuser de sa gentillesse, mais je n'avais franchement pas d'autres possibilités... C'était un médecin, aussi ! Comment aurais-je pu faire simplement "Boh." en la voyant ? Surtout qu'elle était d'une gentillesse à faire fondre la pierre comme un vieux bout de fer ! Non, j'aurais été idiot de passer à côté. Une médecin sympathique et mignonne, c'était beaucoup mieux que le vieillard qui daignait à peine me demander si j'allais bien ou mieux, ce sale malpoli... en plus, il s'agissait d'un esprit. Impossible pour elle de se faire blesser en venant m'aider, puisqu'elle était déjà morte... ce qui était dommage au fond. Ses yeux se rabattaient alors sur moi, tandis qu'elle répondait à ma première question, m'adressant un doux sourire comme à son habitude :

"- Les Elementis m'ont accueilli et offert une Famille lorsque je n'avais plus rien et, quelques années plus tard, m'ont fait cadeau de leur secret. Ma profession a t'elle influencée mon Don? Ou l'inverse? Personne ne le saura jamais mais je suis plus portée sur la Nature et les Plantes que sur la Terre en elle-même. "

Soudainement, je me mis à sourire puisque je remarquai que notre vision de la famille Elementis était la même. Sans elle, je n'étais plus rien, je serais resté ce petit obèse pleurnichard sans pouvoirs qui passait plus son temps la tête dans l'eau poisseuse des toilettes plutôt qu'à l'air libre. Je lui devais tout... alors je pouvais bien lui confier mon existence. Ca faisait un bien fou d'entendre sur elle autre chose que des paroles gonflées par le mépris et aussi agréables que des mollards crachés au visage. Les Elementis n'étaient pas des monstres ni des couards se cachant derrière les éléments, il y avait ce lien que je voulais faire ressortir de sous terre, celui qui nous reliait les uns aux autres... Pourquoi appeler ce clan "Famille" si c'était pour nous entre-déchirer ? Si seulement les confrères ne pourrissaient pas mes plans... D'abord, les dégager, ensuite renforcer la famille ; oui, c'était ça qu'il fallait que je fasse. Peut-être que moins de personnes partiraient si on traitait mieux nos membres... d'ailleurs, avions-nous d'autres contrôleurs des plantes ? Il me semblait que oui, mais je ne connaissais pas bien nos compatriotes... :

- La famille Elementis m'a offert beaucoup aussi, comme vous... Sans elle, je n'aurais rien ; certes j'avais déjà une famille mais... particulière. Ce n'est pas pour rien si j'ai voulu en devenir l'As !

Ouaip. Pour contrôler, diriger et protéger mon clan, rien de plus, rien de moins. Ca pouvait paraître arrogant de penser être le seul à pouvoir défendre correctement le nom des Elementis, mais je ne pouvais m'empêcher de le croire. Reine ? Joker ? Valets ? Je ne pouvais pas tout leur laisser sur les épaules, il fallait que je sois le pilier le plus puissant de cet édifice pour les apaiser un tantinet, en compensation de mon inutilité au combat de près. Si elle acceptait de me soigner en cas d'ennuis, mes inquiétudes en seraient un peu atténuées... au pire, j'étais une pièce remplaçable, qui sait, un As de feu ou de foudre serait plus utile au combat... Mais s'il avait la cervelle vide, dieu sait ce que j'en ferais si je revenais d'entre les morts. Mouais, au mieux, je n'avais qu'à pas crever... et au travers mes pensées morbides, j'entendais toujours la voix de Nelieru qui me contait sa mort, suite à ma demande... Une mort bien désolante, comme je m'y attendais :

"- Un incendie s'est déclaré dans la maison de l'Homme que j'aimais, chez qui je passais la nuit. Nous avons réussi à rejoindre le rez de chaussée mais alors que nous nous frayions difficilement un passage vers la porte d'entrée, notre salut, une poutre s'est détachée du plafond.
Je suis parvenue à temps à pousser mon bien-aimé hors des flammes et de la maison, mais j'ai fini mon existence ensevelie sous cette poutre avant d'être dévorée par les flammes... C'est assez cocasse. moi, une fille de la nature, j'ai été détruite par mon pire ennemi de tout temps: le feu...."
"

Je baissai lentement la tête puis me mettais à cogiter de nouveau : Est-ce qu'à sa place, j'aurais sacrifié ma vie pour sauver la personne qui me tenait à coeur ? Je l'ignorai. Je n'avais jamais aimé : J'avais profité des sentiments des femmes à plusieurs reprises comme s'il s'agissait d'une vengeance pour mon aspect disgracieux d'autrefois, mais jamais je n'ai daigné leur adresser un quelconque amour... mais malgré tout, je savais que c'était quelque chose de très beau, de se sacrifier pour son ou sa bien-aimé(e). Cependant, je ne pus m'empêcher de grimacer en entendant la façon dont elle avait péri, lapée et brûlée par les flammes ambiantes qui s'en étaient prises aux édifices de la maison... Etait-ce un incendie volontaire, criminel ? J'espérai que non. Car là encore, un Elementis pyromane pouvait aisément être accusé... Moi-même étais affaibli par le feu, puisque la terre aussi solide soit-elle se fragilisait à son contact donc je pouvais comprendre l'ironie de la chose, quand bien même me noyer serait plutôt la bonne mort pour moi. Allez-y donc, pour vous battre à l'aide de la terre contre l'eau, et vous verrez à quel point les pâtés peuvent être inefficaces ! Bref. Je lâchai enfin son bras puis regardai la foule, tendant tout de même une oreille attentive à ses futurs dires :

"- Avec le temps, la maîtrise de soi-même devient meilleure. On acquiert de l'expérience, on se perfectionne dans ses pouvoirs et on apprend à mieux se contrôler. Il en va de même pour moi. A travers les années, j'ai appris à utiliser au mieux mon énergie afin de pouvoir reprendre forme terrestre et palpable. Mais comme tout un chacun, chaque dépense d'énergie m'affaiblit et lorsque que je suis trop faible, je redeviens un simple esprit. Impalpable et invisible aux yeux de tous."

- Donc il y a même des limites dans la mort... impressionnant.  Avez-vous été enterrée ? Ou du moins, avez-vous une tombe à votre nom ?



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MessageSujet: Re: Le passé rencontre le présent....   Le passé rencontre le présent.... - Page 2 EmptyVen 10 Oct - 10:48

Le passé rencontre le présent...

Vous pouvez me faire confiance Nelieru. Je mettrai fin à la souffrance des habitants, quitte à devoir discutailler avec les deux Conclaves. Nous avons trop longtemps fermé les yeux sur ce qu'ils vivaient tant l'appât du trône était puissant... mais quel intérêt d'avoir le pouvoir sur un peuple qui nous hait ?

"- Voilà une réflexion forte intéressante. Pour ma part, je dirais surement que malgré toute la bonne volonté que l'on puisse avoir, le pouvoir finit forcément par corrompre l'âme et faire oublier à celui qui le possède le réel sens des priorités. De ce fait, le peuple finit toujours par être relégué, oublié, lésé. Alors comment avoir confiance en des gens qui eux, ne se soucient pas de vous?
Les Puissants oublient trop facilement qu'eux aussi, au commencement, sont issus de la banale Vox Populi. "


Il n'y avait même pas de trace de réelle critique dans le ton de l'esprit de la Nature, juste une légère déception peut-être. Avec la mort, le temps perdait son importance, les biens matériels devenaient sans le moindre intérêt. Quant au pouvoir, qu'en dire? Finalement, de part son expérience et sa maîtrise de son Don, la défunte azurée devait sans doute être une personne très puissante d'un certain point de vue mais qu'est-ce que cela lui apportait. Rien au fond. Alors pourquoi les vivants ne pouvaient-ils prendre conscience de ces mêmes chose avant qu'il ne soit trop tard pour eux? Cela permettrait de sauver bien plus de vie que tous les médecins réunis.

J'aurais une petite faveur à vous demander néanmoins... S'il m'arrivait malheur, et par cela, j'insinue si j'étais blessé lors des conflits, pourrais-je compter sur vous et vos dons ? Voyez-vous... je suis hémophile, et j'ai donc bien plus de chance qu'un homme normal de périr à la suite d'une blessure... je ne connais pas beaucoup de médecins encore, et j'avoue ne plus faire confiance à celui qui m'est attribué avec toutes les trahisons au sein des familles...  

Un léger sourire se dessina sur les lèvres de la jeune fille au regard de jade. Il était hémophile donc? En effet, il semblerait que Mère Nature ne l'ai pas beaucoup gâté mais elle doutait que cette dernière soit la seule fautive. Une grossesse difficile, mal gérée, une femme surmenée, tellement de choses entraient en ligne de compte. Mais l'être humain à toujours besoin de quelqu'un ou de quelque chose contre qui diriger sa colère, même un élément aussi abstrait que le Hasard.

"- Vous n'avez pas à me le demander. Mon existence entière est dévouée à sauver autant de vies que possibles et la votre ne fera nullement exception. Cependant, si en raison de votre santé fragile, vous souhaiteriez que je vous suive un peu plus attentivement, il vous suffira de me le faire savoir. L'hémophilie est un mal encore mal connu et en effet, au vu de votre place, il ne faut pas prendre cela trop à la légère. "

Cela faisait peut-être prêt d'un siècle que la femme continuait de parfaire ses acquis, cherchant constamment à en apprendre davantage pour aider aux mieux les victimes de ce combat fratricide, elle n'en restait encore qu'au stade de l'apprentissage. La vie, la mort, il suffisait de si peu de choses pour passer d'un état à l'autre. Une fraction de seconde, une erreur de diagnostic, une bonne volonté qui se change en mouvement mortel... Elle en avait déjà fait l'expérience, malheureusement. Alors elle ne savait que trop bien de quoi elle pouvait parler.

La famille Elementis m'a offert beaucoup aussi, comme vous... Sans elle, je n'aurais rien ; certes j'avais déjà une famille mais... particulière. Ce n'est pas pour rien si j'ai voulu en devenir l'As !

La jeune femme acquiesça doucement, en opinant du Chef. Chacun avait ses raisons de rentrer dans l'une ou l'autre famille mais ce n'était jamais seulement pour faire joli. Il y avait toujours un fond précis, une idée ou une envie bien marquée. Pour elle, c'était la fin d'une vie précaire et d'une grande solitude, pour lui, un besoin de reconnaissance semblerait-il. Alors, il se dévouait aujourd'hui corps et âme à ceux qui l'avaient accueillis et lui avaient offert leur confiance. De quoi permettre aux Elementis de rester souder. C'était un bon point en soi, même si cela ne serait pas avantageux pour tout le monde non plus. Mais ceci restait un autre problème.

Donc il y a même des limites dans la mort... impressionnant.  Avez-vous été enterrée ? Ou du moins, avez-vous une tombe à votre nom ?

"- Oui. Au cimetière de la ville, dans un coin reculé, proche du mur Est. Une simple plaque de marbre blanc, ornée de mon nom et de deux dates. Toujours un minimum fleurie.
Avec un dessin gravé dessus... Le même que celui-ci..."


A ces mots, les doigts de la défunte, ne peuvent s'empêcher de venir chercher le médaillon ornant son cou depuis quelques temps. Son regard semble un instant disparaître dans des souvenirs lointains avant de reprendre pied dans la réalité. Son expression est un brin mélancolique mais pas vraiment triste pour autant. Simplement, elle devient le symbole d'un passé révolu, d'un temps à jamais disparu laissant malgré tout un petit gout d'inachevé.

"- Ce bijou, c'est mon père qui l'a forgé. Lorsque ma mère nous a quitté. Il me l'a offert pour me consoler de son départ. Et une fois seule, celui qui faisait battre mon cœur, horloger de son état, y a ajouté une légère modification....."

Ses doigts courent le long de l'objet métallique et, suite à série de légères pressions, un cliquetis se fait entendre. Le clapet pivote, dévoilant la réalité de ce pendentif si spécial à ses yeux. Gravés à l'intérieur, se devinent des visages qui, user par le temps, ne sont plus nullement reconnaissables. Les premières notes d'une berceuse se font entendre aussi, comme pour rappeler ses souvenirs à une vie définitivement terminée.

"- Cet objet, j'en avais perdu toute trace à la mort de mon bien-aimé, qui l'avait conservé après mon départ. Aujourd'hui, je l'ai enfin retrouvé. Et même si sa présence me renverra toujours à un passé définitivement révolu et légèrement douloureux, je ne veux pas m'en défaire. Il a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Et grâce à moi, ils continueront de vivre, dans mes souvenirs. "

Pour le coup, elle s'était un peu laissée aller. La voilà qui se mettait à raconter sa vie sans réelle raison. Enfin, après tout, cela éclairerait aussi Gaea sur le pourquoi de sa présence au Marché en ce jour et la raison pour laquelle elle avait préféré se laisser tomber que de risquer de perdre à nouveau ce bien si cher à son cœur.
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MessageSujet: Re: Le passé rencontre le présent....   Le passé rencontre le présent.... - Page 2 EmptyMar 14 Oct - 23:26

"- Voilà une réflexion forte intéressante. Pour ma part, je dirais surement que malgré toute la bonne volonté que l'on puisse avoir, le pouvoir finit forcément par corrompre l'âme et faire oublier à celui qui le possède le réel sens des priorités. De ce fait, le peuple finit toujours par être relégué, oublié, lésé. Alors comment avoir confiance en des gens qui eux, ne se soucient pas de vous? Les Puissants oublient trop facilement qu'eux aussi, au commencement, sont issus de la banale Vox Populi. "

Pour une fois, je n'étais absolument pas d'accord avec elle, même si je comprenais sa logique. Tout être humain ne se laisserait pas forcément avilir sous prétexte que le pouvoir est entre ses mains, non, il devait y avoir un minimum d'espoir quant à l'avenir de Quederla. Dans ce cas, il fallait simplement se laisser bercer -ou berner- par quelques idéaux anarchistes, et laisser le peuple faire sa propre loi en dégageant le gouvernement ET les familles... mais est-ce que ça engendrerait un meilleur avenir pour cette ville ? J'en doutais. Si je voulais obtenir le pouvoir - et en grande partie le voler à ma reine puisque je ne pouvais me résoudre à obéir totalement à la hiérarchie, ce n'était pas pour tourner en saleté avide d'argent et enveloppée dans ses fils, c'en était hors de question. Si je faisais de l'oeil au trône avec le caramel aux lèvres, c'était surtout parce que je me pensais le seul à pouvoir concrétiser les rêves qui trottinaient sous mon crâne. Je me moquais du pouvoir sous sa première forme, mais ce qu'on pouvait faire de lui... là, non, je ne pouvais pas l'ignorer - il suffisait juste de l'obtenir et Quederla se redresserait, plus forte et vaillante encore :

- Je ne pense pas... Certes, le pouvoir est une arme dangereuse et à double-tranchants... mais il n'est pas seulement ça, car sans pouvoir, il est impossible de mettre fin à un système tordu. C'est donc à manier avec précaution, mais pas mauvais dans son essence.

Rien que le pouvoir que j'avais obtenu en entrant dans les rangs des Elementis offrit à ma vie un nouveau tournant. Sans ce dernier, je serais... je serais sûrement l'un de ces types mariés à une potiche avec les bras croulants de gnomes plus communément appelés bébés. Nope, ça, ce n'était pas ma vie. A trente-deux ans, j'étais trop vieux pour ce genre d'idées bizarres, et trop jeune pour me lamenter sur le vide qui faisait office de famille. Au moins, j'avais ma soeur, même si elle se trouvait en Europe... mais bon. Pas grave, je faisais avec.  Bref, il ne me restait que Quederla et moi-même, alors je ne risquais pas trop de m'éparpiller dans mes priorités qui se résumaient à : 1. Survivre. 2. Gagner. Pourquoi se chercher d'autres objectifs quand ces deux derniers m'offraient déjà tout ce dont un homme pourrait rêver ? Certes, il me manquait certaines choses ici et là, mais vivre était déjà un bon gros point !

En parlant de survie, j'attendais toujours sa réponse, concernant les soins qu'elle serait sujette à me prodiguer si un malheur s'abattait sur ma chair. Il était important que je possède un médecin de mon côté, au cas où... la liste de mes ennemis s'allongeait au fur et à mesure que je creusais de trop parmi les miens, et même si je tentais de garder mon sang-froid, je n'en étais pas moins menacé. Loin de moi l'idée de considérer mon amie-fantôme comme un pion, mais sa présence m'était nécessaire dans toute cette histoire si je ne voulais pas me retrouver à pisser le sang style fontaine de jus de fraise au beau milieu du champ de bataille ! Il fallait que je rassemble un maximum de gens autour de moi car seul, je n'y parviendrais pas. Implicitement, je la vis sourire, adoucissant les traits de son visage tout en m'apportant un certain soulagement : Allait-elle accepter cette demande importune ?... J'avais de la chance qu'elle soit une ancienne Elementis, peu farouche à l'idée d'aider les minables comme moi :

"- Vous n'avez pas à me le demander. Mon existence entière est dévouée à sauver autant de vies que possibles et la votre ne fera nullement exception. Cependant, si en raison de votre santé fragile, vous souhaiteriez que je vous suive un peu plus attentivement, il vous suffira de me le faire savoir. L'hémophilie est un mal encore mal connu et en effet, au vu de votre place, il ne faut pas prendre cela trop à la légère."


Je ne pus m'empêcher de serrer le poing en soupirant un petit "Fiouuu..." tant l'angoisse d'un "non" m'effrayait. Quel coup de chance ! Mais au fond, elle avait tapé juste sur un point : L'hémophilie ne se guérissait pas entièrement, je pouvais fluidifier mon sang à volonté, mais me soigner m'était impossible. Surtout que je ne prenais pas toujours mes médicaments, plus par flemme que par oubli, en réalité. Ils étaient toujours si loin de moi, ces salauds ! Toujours à plus de deux mètres, et moi... moi, j'étais souvent affalé sur mon canapé à lire, ou sur ma chaise à réguler la paperasse. La vie d'un As en une seule phrase. Boulot-dodo-chercher-docteur. Qui en l'occurrence était une bien jolie doctoresse, comme quoi, la chance lui tombait finalement dessus ! Je finissais par lui adresser un petit sourire de remerciement avant de tendre l'oreille à la suite de ses propos, intéressé à l'idée de connaître un peu mieux sa vie :

"- Oui. Au cimetière de la ville, dans un coin reculé, proche du mur Est. Une simple plaque de marbre blanc, ornée de mon nom et de deux dates. Toujours un minimum fleurie.  Avec un dessin gravé dessus... Le même que celui-ci..." Elle ouvrit alors son médaillon à la suite de plusieurs manipulations puis me fit voir l'intérieur, qui n'était composé que de deux visages défigurés par le temps. Elle et son amant ? Sans doute... : "Ce bijou, c'est mon père qui l'a forgé. Lorsque ma mère nous a quitté. Il me l'a offert pour me consoler de son départ. Et une fois seule, celui qui faisait battre mon cœur, horloger de son état, y a ajouté une légère modification....."

Je fermai les yeux puis écoutai la mélodie émise par le bijou, apparemment rajoutée par son ancien petit-ami... ce n'était pas désagréable à l'écoute, malgré les années écoulées, ce qui m'étonna qu'à moitié. Lorsque je les rouvris, la musique avait pris fin, et de nouveau le brouhaha de la foule remplaça le silence imposé par l'arrêt de la chansonnette. Quel dommage... le bruitage de la masse commençait à me donner mal à la tête, surtout car en bonne fouine, je ne cessais de tenter d'écouter les bribes de conversations qui nous atteignaient de là où nous étions assis. Je soupirai avant de poser mes index sur mes tempes afin de me les masser, jetant un coup d'oeil à Neli' qui ne cessait de parler d'elle :

"- Cet objet, j'en avais perdu toute trace à la mort de mon bien-aimé, qui l'avait conservé après mon départ. Aujourd'hui, je l'ai enfin retrouvé. Et même si sa présence me renverra toujours à un passé définitivement révolu et légèrement douloureux, je ne veux pas m'en défaire. Il a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Et grâce à moi, ils continueront de vivre, dans mes souvenirs. "

- Votre amant devait vraiment vous aimer, pour conserver ainsi ce médaillon... J'espère moi aussi que, si je meurs - ce qui arrivera tôt ou tard, mais espérons-le pas trop tôt - et reviens sur terre sous votre forme, je n'oublierai pas ce que je fus de mon vivant... Vous n'avez pas de mal à suivre l'évolution de Quederla ?...

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