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 Between Two Waters | Bigby

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Laelyss ReissMessages : 831
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MessageSujet: Between Two Waters | Bigby   Mer 17 Mai - 22:18




Le soleil haut dans le ciel, rendait le milieu d'après-midi bien chaud est agréable pour une sortie. De quoi profiter agréablement de cette fin de semaine. J'avais eu cette idée au petit matin et, bien quelle était loin d'être mauvaise, ce ne fut pas aussi simple de convaincre deux personnes en accord pour me maintenir tranquille alors que j'entamai à peine mon dernier mois de grossesse. Si je n'avais pas tendance à y mettre une opposition, je pense que l'un ou l'autre aurait fini par m'attacher à un lit pour que je m'y tienne tranquille jusqu'au jour J. Malheureusement, c'était justement parce qu'il s'agissait de la dernière ligne droite qu'être sagement immobile à la maison devenait un supplice. Voilà que des mois se sont écoulées et je n'aspire qu'à une seule chose : dire au revoir à ce ventre rond qui m'empêche toute activité. Une hâte qui ne faisait que s'agrandir. Au fond, on n'a pas idée de ce que peut endurer une femme pendant neuf mois à moins de l'avoir vécut - encore que, je n'ai pas entièrement commencé celui-là au premier mois et les choses les plus simples deviennent littéralement infaisables sans l'aide d'autrui. J'ai clairement abandonné l'idée de mettre des chaussures que je ne pouvais lacet, quand j'ai compris que me pencher en avant n'était plus possible. Mais en soi, la période devenait suffisamment douce pour supporter d'avoir les pieds à l'air.

Une main frotte doucement mon dos, alors que je sors du four une tournée de cookies fraîchement préparer pour l'occasion. Si je ne pouvais plus rien faire dans mes boutiques si ce n'est, m'asseoir et observer ainsi que commenter simplement le travail des autres, ont était loin de pouvoir m'interdire la même chose à la maison. Bien qu'elle me souris, je voyais dans le regard de Rose que l'idée était aussi stupide qu'imaginer une poule avec des dents.

Je voudrais seulement être sûr, tu te sens vraiment marcher autant, ma puce ?
Ça ira, on ne va pas courir un marathon, simple prendre l'air.
Très bien, j'aurais essayé. Mais, je me réserve le droit de faire demi-tour si je vois que c'est bien trop éprouvant.
Je n'ai pas le choix j'imagine. Alors, marcher conclu.

Je pense que de toute façon, il m'était impossible obtenir de meilleurs compromis. Le problème avec une grand-mère qui a passé beaucoup de temps à vous élever, c'est qu'il est assez dur de lui dire non. En particulier quand on sait au fond qu'elle n'a pas entièrement tort.

Une semaine que sa présence me ravit. Une surprise que j'étais loin d'imaginer et pourtant, en connaissant l'esprit quelque peu tordu de Big, j'aurais sûrement dû m'en douter, quoique, il a toujours été doué pour ce genre de cachotteries bien gardé. Mais l'ignorance en valait la peine. Je dois admettre que, plus le grand jour se rapprochait à grands pas, plus l'appréhension montait en moi. Bien sûr lui était là pour me rassurer et m'aider à garder mes pieds sur terre, néanmoins, c'était tout de même tout autant rassurant d'avoir un membre de sa famille et qui avait les bons conseils à disposition. Et puis, nous n'avions pas eu la chance de partir la voire très souvent, alors en soi, sa venue fut bien le plus beau cadeau qu'ils pouvaient m'offrir tous les deux.

Elle soupire en prenant ma place pour ranger les cookies dans le sac, tandis que je l'abandonne après lui avoir fait une bise sur la joue pour aller mettre quelque chose de plus adapté à la situation... Oui, une robe est le meilleur choix qui soit. Il s'agit là surtout d'être le plus confortable avec un ventre rond. Qui plus est, pour un mois de mai, il faisait suffisamment chaud pour ce le permettre. J'attrape la première à la portée une fois dans ma chambre, cependant je m'arrête dans mon élan entre la porte de la salle de bain, admirant là sans gêne la moitié non couverte par la serviette du corps de Bigby. Haussant un sourcil en souriant aux idées peu convenables qui se font une irruption dans mon esprit. L'un des quelques avantages de la grossesse si on pouvait dire - hormis de beaux ongles est de beaux cheveux ou soit dit en passant tout le monde s'en fout - été bien se désire quasiment perpétuel à son égard. Un fait non désagréable, mais qui n'avait cependant pas lieu d'être actuellement.

Il y a des jours où je me dis que ce genre de choses ne devrait pas être autorisé... C'est honteux de m'affliger un tel spectacle.

Tellement honteux, qu'il m'est bien difficile de détourner le regard alors qu'il part s'habiller. Si honteux que je m'en mordrais presque la lèvre en me disant que j'en ferais mon quatre heures, mais là, ceci deviendrait une histoire interdit au moins dix-huit ans. J'aurais sûrement eu bien des idées intéressant pour occuper journée si nous étions seuls, mais resté sage pour une fois n'est pas plus mal. Chassant ces pensées les plus obscures qui soit, je me change rapidement, puis finit par les rejoint en bas déjà prêt à partir.

Nous quittons la maison tranquillement, puis le quartier résidentiel pour s'engouffrer sur les sentiers de terre praticables en direction de la forêt. Cela faisait un bien fou de prendre un grand air frais. D'un autre côté, ce n'était pas que pour moi, Twister avait disparu depuis une bonne semaine et bien que je le montrais peu, j'étais inquiété à l'idée de ne pas l'avoir retrouvé aux alentours du quartier comme les quelquefois où les envies de fugues le prenaient. D'aussi loin que je me souvienne il n'était pas du genre à disparaître bien longtemps. De ce fait, la conclusion même qu'il puisse lui être arrivée quelque chose été à exclure. Je me disais qu'avec un peu de chance, sa truffe dépasserait d'une fougère ou bien il serait au bord de la rivière en train de boire et Big n'aurait plus qu'à usé de ses dons d'alpha pour qu'il rapplique aussitôt. Enfin, si seulement c'était aussi simple. Je ne désespère simplement pas à l'idée de le revoir aujourd'hui.

Ma grand-mère de son côté, semblait prendre en fin de compte tout autant plaisir de cette promenade. Elle fredonnait gaiement dans son coin en ramassant des fleurs d'une main, tandis que de l'autre elle bataillait avec les bretelles du sac.

Tu devrais donner ce sac à Big, c'est plus raisonnable.
Je suis peut-être vieille, je suis loin d'être incapable. Une couverture est des gâteaux je pense que je survivrai facilement.
Et après c'est moi la bornée.
Grand Dieu, Bigby j'ose espérer que votre enfant ne prendra pas son côté têtu.
Hé ! C'est une qualité mine de rien. Dis-lui chéri.


So what ?
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Dernière édition par Laelyss Reiss le Mar 23 Mai - 18:22, édité 1 fois
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Bigby RawlinsMessages : 1020
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MessageSujet: Re: Between Two Waters | Bigby   Mar 23 Mai - 17:32

Between Two Waters
Il y a environ deux mois de cela, j'avais pris contact dans mon coin avec la grand-mère de Laelyss par courrier afin de lui exposer mon idée, à savoir organiser sa venue à Quederla pour la dernière période de grossesse, à la fois pour tenir compagnie à la rouquine qui commençait à s'ennuyer sec à la maison, et bien sûr pour être présente au moment de la naissance du bébé. M'ayant déjà fait part des regrets qu'elle avait de ne pas avoir pu lui rendre visite aussi souvent qu'elle l'aurait souhaité, comme ce n'est pas toujours évident de quitter la ville pour autant de temps -encore moins dans son état actuel-, ma proposition avait naturellement plu à son aïeule qui eût ainsi tout le temps nécessaire pour préparer son départ. Il ne restait alors plus qu'à ne rien laisser paraître d'ici là devant Laelyss, ce que je peux me targuer d'avoir réussi haut la main même si à plusieurs reprises, j'aurais aimé pouvoir lui annoncer la surprise en avance. Et puis, au-delà du bonheur de recevoir la visite de sa famille, je ne doute pas non plus que sa présence la rassure vis-à-vis de l'accouchement à venir. Après tout, même si je suis là et que j'en ai déjà fait l'expérience auparavant, je reste un mec qui n'a pas la moindre idée donc de ce qu'on traverse quand on a un bébé dans le ventre... et surtout quand on doit l'en faire sortir.

Une fois douché, soumis aux désirs lubriques de la rouquine au passage puis habillé, je m'en allais remplir les gamelles de Praline que sa propriétaire a bien trop de mal à changer avec son profil. Si de nombreuses tâches étaient devenues délicates, voire tout simplement impossibles à accomplir, nul doute qu'elle ne se sentait pas le moins du monde indisposée en matière de devoir conjugal, mais ce n'est pas moi qui irai me plaindre des sursauts de sa libido. Sans doute l'unique détail qui rendrait la présence de Rose à la maison quelque peu gênante. En dehors de ça, il faudrait être sacrément difficile pour ne pas l'apprécier, surtout au vu de la joie que cela procure à Laelyss. Je fis une dernière fois le tour des fenêtres pour vérifier qu'une seule d'entre elles permette au chat de rentrer et sortir à sa guise, sans non plus inviter toutes les bestioles du quartier à taper l'incruste ; et nous voilà partis pour une petite promenade en forêt.

Les portes de la ville passées, ce n'est qu'une dizaine de mètres après la lisière que j'invite Sharp à profiter lui aussi de la balade, quoi qu'il y passait déjà ses jours lorsque je ne faisais pas appel à lui, c'est toujours agréable de l'avoir à mes côtés. Reste à déterminer lequel de nous deux se sent le plus comme un coq en pâte dans ce cadre de nature. Marchant main dans la main avec Lys, je laisse mon flair vaquer et flâner à ma place entre les arbres, me trahissant probablement au détour des petites inspirations que je prends par moments, le nez en l'air. Je n'y peux rien si l'extérieur de la ville offre toute une gamme d'odeurs autrement plus appréciables ! Ces demoiselles semblaient elles aussi profiter de cette vadrouille, même si cela ne les empêchaient pas de débattre, en m'obligeant à y prêter une oreille à force d'entendre mon nom revenir:

« Grand Dieu, Bigby j'ose espérer que votre enfant ne prendra pas son côté têtu.
- Hé ! C'est une qualité mine de rien. Dis-lui chéri.
- Quoi que je puisse faire, j'ai l'impression que c'est un trait de famille qui se transmettra sans exception. »

Du moins, c'est ce qui me saute principalement aux yeux en les voyant ensemble, avec l'opportunité de mieux comprendre d'où venaient certains de ses traits de personnalité. J'aurais été drôlement emmerdé si Laelyss avait un caractère de cochon, écopé de sa grand-mère qu'il fallait se coltiner presque un mois entier. En fin de compte, je m'en sors plutôt royal. Mon parti pris de me rallier ni à l'une ni à l'autre les poussa à défendre un peu plus leur cause, n'intervenant qu'après pour mentionner le cas de notre fuyard sur pattes.

« Ça ne m'étonnerait pas que Twister se soit mis en tête de suivre cette pauvre louve qui traîne dans le quartier. Si c'est le cas, alors cet imbécile ne doit pas être bien loin. »

Une triste histoire que celle-là. Depuis quelques semaines, j'avais repéré cette louve en train de rôder dans le voisinage, à fouiller dans les poubelles pour récupérer les restes de nourriture. Terriblement amaigrie, avec le pelage abîmé sur plusieurs endroits, pourtant -et ce n'est pas faute d'avoir essayé- il était presque impossible de l'approcher sans qu'elle ne se montre agressive ou prenne la fuite. Peu de gens s'en affolaient vraiment, puisqu'elle ressemblait davantage à un chien des rues qu'à un véritable loup, et il devait en être de même pour son comportement: sentant l'odeur de Sharp, elle m'évitait à tous prix, tout Alpha qu'il puisse être, comme si l'esprit de meute était devenu le cadet de ses soucis face à l'instinct de survie. Je la soupçonne d'ailleurs de ne plus être capable de chasser et de se débrouiller correctement seule en pleine nature, d'où la nécessité pour elle de faire les poubelles en pleine ville.

L'avantage étant que si, pour une raison ou une autre, Twister avait cherché à la retrouver, alors il ne serait guère loin dans la forêt tant que la louve avait besoin de se nourrir quotidiennement en ville. Enfin, la situation n'avait rien d'urgent en soi, il ne me faudrait pas longtemps pour capter les traces de ce clébard en manque dans les parages s'il s'y trouvait effectivement. On était également là pour se balader et prendre un peu l'air, ce dont Laelyss se voit privée le reste du temps sauf avec grande modération, autant joindre l'utile à l'agréable dans la foulée. Et voyant à nouveau le sac glisser de l'épaule de Rose au moment de se pencher sur des champignons, je finis par me détacher de la rouquine pour aller le lui ôter:

« J'insiste. Pour le bien des biscuits. »

La plaisanterie fut accueillie par une tape gentillette sur l'épaule, tandis qu'elle me cédait enfin son bien pour pouvoir faire sa cueillette plus tranquillement, attendant donc de mon côté à proximité jusqu'à ce qu'elle reprenne la marche. Loin de moi l'envie de l'envoyer à la retraite avant l'heure, il faut dire qu'elle n'était pas si âgée que cela et encore bien vaillante, mais ce n'est pas une raison pour la dispenser d'un minimum de service, si ça peut la soulager. Puis merde, on ne va tout de même pas manger ces cookies à peine sortis du four en aspirant les miettes ! Revenu à temps pour offrir mon soutien à la rouquine au moment d'enjamber une grosse racine, je viens finalement aux nouvelles de tout ce que je rate pendant que je suis au travail, à défaut de pouvoir bénéficier du même type de congé maternité:

« Alors, vous trouvez de quoi vous occuper la semaine toutes les deux ? Rose, je compte tout spécialement sur vous pour empêcher Lys de fuguer en douce de la maison ! »



« Je vous grogne dessus en chocolate »

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Laelyss ReissMessages : 831
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MessageSujet: Re: Between Two Waters | Bigby   Ven 26 Mai - 15:15




Je suis la preuve vivante qu'être têtu est une qualité. Ceci m'ayant déjà bien aidé auparavant pour une ou deux situations quelque peu douteuses. Ce n'est pas non plus la qualité de l'année et, cela devient bien vite un inconvénient quand deux parties ne sont pas en accord. Par expérience ce n'est jamais simple de faire des compromis. Cependant, au fond j'ose aussi espérer que notre enfant n'héritera pas de cette partie de moi. C'est ce qui risquerait en grande partie de rendre la vie à la maison infernale. Voire même plus mouvementé qu'elle ne devrait l'être. Lui demandait son avis pour nous départager été peut-être une bonne chose, ce n'est clairement pas pour autant qu'il lui viendrait à l'idée d'acquiescer l'une de nous deux. Sûrement que ce serait bien trop risqué. Rose de son côté, énumérait toute une liste de pour et de contre à me transmettre quant au fait que ce trait n'était pas la bonne case. Accentuant avec les joies les contres, ce qui me fit bien rire. Ses arguments étaient littéralement en béton comparés au mien et je m'avoue vaincu sans le moindre regret. Pour cette manche en tout cas.

L’évocation du chien me fit hocher la tête, au moins je n’étais pas la seule à penser qu’il y avait peut-être un peu de chance de le retrouver ici.

Du moment qu’on retrouve cet imbécile pour le ramener à la maison ça me convient parfaitement. J’espère que les deux ne se sont pas battus.

Car, honnêtement, ramener cette tête à claques blessés je m'en passerai grandement. Il m'avait parlé de cette louve qui traîner en ville depuis quelque temps, une pauvre bête réduite à devoir faire les poubelles pour vivre. Il était donc peu étonnant que la population ne souhaite guère l'approcher. Mais je me demande surtout ce que mon chien vient faire dans cette histoire. En soi, Twister n'est pas méchant chien, il défendait certes la maison comme il se devait mais, ce n'était pas non plus le genre à chercher les ennuis en premier. Il adore la présence de Bigby et de Sharp et ce côté dominant entre eux ne semble pas non plus tant le perturber - ce n'est pas comme s'il avait réellement le choix. Pourtant, rien ne dit qu'il en serait de même avec un loup sauvage. Loin de moi l'envie d'imaginer le pire mais, si celle-ci lui a donné du fil à retordre, c'est sans aucun doute qu'il aura répliqué, le côté borné s'applique tout autant chez lui. Quoique je me demande quand même les raisons qui auraient pu le pousser à vouloir lui chercher des noises - si tant est qu'il y en ait eu. D'ici à ce qu'une réponse daigne bien vouloir se montrer, autant profiter pour le moment de ce que la journée nous offre.

Tandis qu'il part aider ma grand-mère, je me prends à mon tour au jeu de la cueillette, ramassant sans trop de difficultés quelques fleurs pour en faire petit à petit une couronne. L'avantage c'est que les roses ont suffisamment bien poussé pour m'évitait de devoir me pencher sans cesse. L'inconvénient est bien d'exclure toute idée de faire quelque chose de colorer et varié. Mais du moment que cela m'occupe je ne m'en plaindrais pas. Un obstacle de taille me barre la route et, puisque je suis une personne si têtue et fière de ne pas en démontrer le contraire, demander l'aider n'est clairement pas la première idée qui me viendrait à l'esprit, je préfère y arriver par moi-même avec mes propres moyens. Néanmoins, c'est un échec cuisant, jusqu'à ce qu'un preux chevalier vienne à ma rescousse. Le rôle de la demoiselle en détresse ne me plaît aucunement, mais quand on n'a guère le choix, on ne chipotera pas sur les détails.

La racine franchie, c'est finalement sur les activités pratiquées que s'enchaîne la conversation. Au moins avec Rose à la maison cela me faisait une compagnie et une personne avec qui discuter tout en restant plus ou moins tranquille. Les journées étaient longues quand il n'était pas là et, malheureusement, je ne pouvais inviter ma meilleure amie pour prendre un café puisqu'elle avait aussi à faire avec ses propres enfants. La chambre était terminée, m'occuper du jardin n'était même pas possible et le travail était à oublier. Sans elle j'aurais fini toutes mes journées emmitoufler sous une couette. Pourtant, il y avait bien un détail qui piquait plus que le reste ; la fugue n'est pas ce que je pratique en général.

Oh ça va, comme si c'était mon genre de faire ça… Bon d'accord, mais ce n'est arrivé qu'une fois ! Une seule et j'en entends encore parler aujourd'hui.

Excusez-moi de ne pas savoir tenir en place, voilà encore un trait de caractère qui aurait de fortes chances de revenir chez l'enfant. Une bonne nouvelle techniquement, beaucoup moins pour sa mère en revanche. Prise la main dans le sac à être sur les lieux du boulot, puis gronder comme une petite gamine après un caprice. J'ai fini par retenir la leçon, surtout par le manque d'envie de me faire taper sur les doigts. Mais cela date d'il y a un mois environ et on en fait une montagne comme si j'avais perdu les eaux sur place. Enfin, j'imagine que c'est le fait de ne pas avoir écouté qui a dû le mettre plus en rogne qu'autre chose. Dure de se faire pardonner après cela.

Je n'ai pas à me plaindre de ses fugues pour le moment. Parler gâteau semblait un bon moyen pour la maintenir en place. J'offre le conseil.
On a élaboré un nouveau dessert spécial été. Et comme cela à nous prîmes du temps, je n'aie même pas songé à mettre le nez dehors. Enfin, jusqu'à aujourd'hui.
Qu'est-ce que je t'ai dit de ne pas mettre dedans si tu voulais le classer tout public ?
D'éviter le whisky. Mais c'est ce qui lui donne ce côté relever et particulier pour cette saison-là. Et les adultes adorent les gâteaux avec l'alcool. D'ailleurs, il faudra que tu goûtes mon cœur ! Il est carré pas plus grand que la paume de ma main, fait de décoration dentelle à base de caramel et composé de trois chocolats différents, de la crème, du cr-Aaiie...

Un coup ressenti contre la paroi de mon ventre me fait lâcher ce petit cri de surprise sans même me laisser le temps de terminer ma liste des ingrédients - et dire que je n'en étais même pas à la moitié - m'arrêtant dans ma marche en m'accrochant au bras de Bigby. Je ne m'attendais pas à ce que le bébé fasse aussi ses manifestations sur le sujet. Si l'idée même de faire un gâteau spécial adulte le révolte, dans ce cas je veux bien reconsidérer le fait d'y ajouter de l'alcool. Ou dans le cas contraire une simple demande de particulier. Mais ce serait perdre une nouvelle spécialité qui marche du tonnerre. Les affaires mise à part, j'ai l'impression que grand-mère n'a jamais enjambé un espace qui nous sépare aussi rapidement de sa vie qu'à cet instant, prête à me porter s'il le fallait. De nous trois je ne sais qui pouvait être le plus inquiet. Il est clair que si on écoutait celle à ma droite il serait temps de faire demi-tour et de me séquestrer jusqu'au grand jour. Tandis que celui à ma gauche… Je suis sûr qu'il mettrait un triple verrou à la porte.

La douleur s'estompe doucement et me permet enfin de respirer plus convenablement. Tout comme le fait d'ouvrir les yeux et de passer mon regard de l'un à l'autre en attente très certainement d'une réponse ou d'un appel à l'aide. Je me permets de réfléchir en premier lieu sur l'état actuel. Tout semblait en ordre et en place. En soi, le bébé avait déjà de l'énergie à revendre, s'amusant en ce moment en le faisant clairement comprendre.

Tout va bien ?
Oui. Je crois que le bébé a pris mon ventre pour un champ de bataille. Ces coups sont de plus en plus fort. Si c'est un garçon je l'inscris à la boxe. Si c'est une fille elle fera du karaté.
Mmh… peut-être devrions-nous faire une pause ?
On vient juste de partir, ça va, je t'assure.
Oh, mais ce n'est pas à toi que je posais la question, mais bien à Bigby.

Ah, il fallait le préciser, dans ce cas, cela change tout. Si même là je n'ai plus le droit de faire un choix quelconque autant qu'on m'offre dès à présent une liste de ce que je peux et ne peux pas faire. Je souffle un grand coup en frottant la zone partiellement endolorie, dans des mouvements circulaires comme l'avait si gentiment conseillé le professeur du yoga. L'un des rares gestes qui s'avère utile sur les trois cours que j'avais bien voulu suivre avant d'abandonner. La supportée fut un supplice, mieux valait en finir qu'avoir un mois de relaxation avec celle-ci. Enfin bref. Puisque mon sort était entre les mains de mon cher et tendre, je m'en remets à sa bonne volonté de bien vouloir me laisser marcher encore un peu. En outre, c'est dans le plus grand des silences que j'attends son verdict, le toisant de mes yeux plissés qui pouvaient communiquer beaucoup de choses. Tout particulièrement un rabais sur les activités sportives autorisé dans la chambre. Je ne pratique pas le chantage simplement les avertissements. Mais au fond, je doute sincèrement tenir sans lever la punition à la première occasion.


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Bigby RawlinsMessages : 1020
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MessageSujet: Re: Between Two Waters | Bigby   Dim 28 Mai - 16:46

Between Two Waters
Malheureusement pour moi, ce ne sont pas des craintes injustifiées, puisque j'ai presque affronté l'expérience de recadrer un adolescent qui avait fait le mur dans la nuit pour aller à une fête, à peu de choses près que l'ado fugueur était une femme très enceinte et trop éprise de son boulot pour survivre loin de ce dernier, au point de m'obliger à venir l'enguirlander. Cela ne me plaît pas plus qu'elle de devoir la "punir" et de l'empêcher de faire ce que bon lui semble, mais j'écoute le médecin et surtout les dangers de l'extérieur, plus nombreux qu'elle ne semble le penser. Je me fais sans doute trop de soucis, mais je préfère ça à un laxisme qui pourrait être préjudiciable au bon déroulement de sa grossesse.

Enfin, avec Rose à la maison pour lui tenir compagnie -et accessoirement la surveiller en mon absence-, je dois dire que les dernières semaines se déroulent déjà plus sereinement, aussi bien pour elle que pour moi. Et à les entendre me raconter l'élaboration de leur dernière recette en date, je ne doute pas que pouvoir cuisiner à la maison l'aide grandement à s'épanouir en oubliant un peu la pâtisserie, un très bon point accordé à sa grand-mère à qui je fais d'ailleurs un discret hochement de tête pour la remercier de s'occuper d'elle. Mais avant de pouvoir entendre le reste des ingrédients nécessaires à la confection de ce gâteau, une vive réaction douloureuse de la part de Laelyss bloque mon pas et me fait passer un bras autour de ses épaules pour la soutenir, tandis que Rose s'empressait de nous rejoindre pour s'inquiéter elle aussi de cette alerte qui voulait tout et rien dire à la fois. Est-ce qu'elle commençait déjà à perdre les eaux ? Un rapide coup d’œil au niveau de ses jambes pour le vérifier, puis je sens l'emprise de la rouquine s'alléger quelque peu au moment de relever la tête pour nous regarder l'un après l'autre, encore dans l'attente de plus amples explications sur son état. Même Sharp était revenu près de nous pour s'en soucier, ayant sans doute cru à un quelconque danger autre que la grossesse.

« Tout va bien ?
- Oui. Je crois que le bébé a pris mon ventre pour un champ de bataille. Ces coups sont de plus en plus fort. Si c'est un garçon je l'inscris à la boxe. Si c'est une fille elle fera du karaté. »

C'est bien la première fois qu'un coup de la part du bébé la foudroie à ce point. Décidément, celui-ci n'est pas encore venu au monde qu'il maltraite déjà sa pauvre mère ! Il n'y a pas que l'entêtement parmi les gênes transmis, et j'ai la nette impression que cette fois c'est moi le responsable. Encouragé par la grand-mère de Laelyss à se poser, voire même probablement à faire demi-tour d'ici que la prochaine alerte soit plus sérieuse, je pouvais voir cette dernière me supplier du regard de ne pas mettre fin prématurément à cette sortie en forêt. Quoi que son air légèrement sévère sur les bords me menaçait plus qu'autre chose si ma décision ne se révélait pas à la hauteur de ses attentes. Une chance que je sois plus préoccupé par son bien-être que les punitions qu'elle aurait pu m'infliger.

« Je préfèrerais qu'on se pose quelques minutes pour s'assurer qu'il n'y ait pas de complications. On reprendra la route quand tu te seras reposée. »

Et le verdict est sans appel, après tout on n'est pas pressés. Gardant mon bras autour de Laelyss, je la fais marcher avec moi en direction d'un rocher à proximité de la rivière, suffisamment haut pour qu'elle puisse s'y appuyer sans trop de mal ; tandis que Rose fouillait le sac pendu à mon autre bras à la recherche d'une bouteille de jus de fruits à lui donner sitôt installée. Si on disposait d'une assistance respiratoire à l'intérieur, c'est sans aucun doute qu'elle l'aurait sortie également pour soulager la rouquine. On n'était peut-être pas partis pour faire une randonnée de 3h, mais il avait déjà fallu faire le trajet de la maison jusqu'à la forêt, alors si le bébé se mettait à faire la fiesta maintenant, autant ne pas rendre cette sortie inutilement éprouvante. C'est là ce dont on discuta à part avec Rose, soucieuse autant que moi à l'idée de poursuivre, même si quelque part seule Laelyss était à même de confirmer son état de santé. Je m'en retournais donc auprès de la concernée pour aller aux nouvelles du petit combattant.

« Alors, est-ce qu'il a essayé de nouvelles prises ? »

Prions pour qu'on puisse inscrire assez tôt les enfants au sport, si celui-ci éprouve déjà un tel besoin de se dépenser. Étonnamment, si Luna s'était avérée particulièrement turbulente dans la première partie de son enfance, la grossesse entière avait néanmoins été d'une tranquillité telle qu'on s'était inquiété plus d'une fois avec Blanche sur la bonne santé du fœtus ; qui sait si l'inverse se produira dans notre cas. Je vins finalement m'accroupir devant la rouquine, les mains sur ses genoux pour lui caresser doucement les jambes, tout en lui confiant à voix basse :

« Tu m'as foutu un peu les jetons tout à l'heure, tu es sûre de vouloir reprendre la marche ? Je ne t'ai jamais vu pliée comme ça pour un coup de pied du bébé. D'après ta grand-mère, il ne faut pas non plus ignorer ce genre de manifestations quand elles sont aussi violentes. »



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Laelyss ReissMessages : 831
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MessageSujet: Re: Between Two Waters | Bigby   Mar 30 Mai - 15:18




Au fond, je pense que j'aurais beau lancer tous les regards maléfiques du monde, avec tout un tas de sous-entendu, rien ne pourrait changer sa décision finale. Elle me tombe dessus littéralement et me fait lever les yeux au ciel. Je ne cherche même pas à défendre ma cause, ni même à négocier, sachant pertinemment qu'après ça, la manche est perdue d'avance. Alors, j'accepte sagement qu'il m'emmène m'asseoir sur la roche, sans un mot. À vrai dire, je suis certaine que si j'avais osé ouvrir la bouche, l'un ou l'autre aurait déjà tenté de me remettre à ma place. C'était un exploit de bien vouloir m'offrir une sortie en forêt, autant ne pas pousser le bouchon trop loin. À peine assise, une bouteille m'est tendue et j'en remercie ma grand-mère avant qu'elle ne s'éloigne un peu pour discuter. Mon cas est évoqué, il ne faut pas spécialement être devin pour s'en rendre compte, mais j'y prête guère attention. Le restant de douleur a littéralement disparu après m'être déshydraté un peu et, je reste bien gentiment à ma place en fixant l'eau de rivière. Qu'importe le sexe du bébé, je le vois déjà doté d'un caractère bien à lui mélanger au nôtre. J'en viens à me dire qu'avec un coup comme celui-ci, il n'est pas près de se laisser faire facilement au cours de sa vie. Sûrement quelques soucis en moins, si ce n'est l'inverse.

Ma tête se secoue légèrement en guise de réponse quant au retour de Bigby. Son élan de rébellion à rapidement cesser et le voilà aussi calme qu'auparavant. Pour mon plus grand plaisir d'ailleurs. Ce n'est pas vraiment le genre de choses que je me sens de supporter toutes les cinq minutes. Autant les premiers coups étaient adorables, là… On en est vraiment loin. Mais, je balaye tout ça de côté en faisant face à un futur père bien plus inquiet que moi. Je devrais être celle qui se pose un millier de questions, qui demanderait à être mise en urgence à l'hôpital et qui imagine le pire. Néanmoins, aussi étonnant que cela puisse être, je me sens simplement bien. J'ai de l'appréhension, cependant, celle-ci est loin de me ronger autant qu'eux. Peut-être est-ce moi qui suis un problème ? À moins que le dernier mois de grosses ne me joue des tours.

J'imagine que le bébé doit être tout aussi impatient à vouloir sortir. Je n'ai pas encore perdu les eaux alors, il n'y a vraiment pas de quoi s'en faire.

Pas de fuite, pas de douleur en continu et rien qui n'est envie de sortir pour le moment. Le grand jour n'est pas encore là, nous pouvons donc tous nous détendre est, si seulement c'était possible, cessée de me couver d'un peu trop. Mais quand leur en vouloir ? Ce n'est pas comme s'il pensait à mal. Une main vient se poser sur sa joue que je caresse délicatement, je n'ai jamais aimé le voir aussi perturbé. Moins encore quand ce n'est pas loin d'être ma faute. Je me penche un peu pour atteindre son front en y posant un baiser.

Si tu continues à être plus stressées que moi, tu vas avoir des cheveux blancs. Et je ne suis pas encore prête mentalement à t'acheter des couleurs pour les cacher.

J'ai déjà eu un peu de mal à me faire à l'idée qu'il avait passé le cap des quarante ans, autant ne pas rendre les choses encore plus perturbantes. Je le taquine évidemment en souriant, sauf qu'à ce rythme-là, s'il commence réellement à se faire bien plus de soucis que moi, les premiers ne tarderont pas à lui rendre visite. Néanmoins, cela ne répond en rien sur la suite des événements. Je serai prête à me remettre debout est à marcher encore un peu, surtout qu'il reste toujours la petite boule de poile à trouver. Mais à en juger par la tête de Rose qui nous rejoint, ce serait plus ou moins suicidaire comme proposition.

Pourquoi ne pas sortir la couverture et les cookies pour s'asseoir dans le tas de fleurs là-bas. À vous voir tous les deux vous n'avez vraiment pas envie de me laisser marcher alors… Peut-être que ça mettra tout le monde d'accord.

On ne peut pas dire que je ne fasse pas d'effort pour me tenir tranquille. Mais c'est un compromis qui devrait pouvoir leur plaire. Et si je ressens le besoin de me dégourdir les jambes, je n'aurais qu'à mettre mes pieds dans la rivière qui n'est qu'à deux pas. Pour une fois c'est quelque chose qu'il serait bien dur me refuserais puisque j'accorde à aller dans le bon sens. Après avoir laissé le temps de la réflexion à Rose, elle hoche la tête suffisamment convaincue et commence à installer le tout. La couverture mit au sol, j'abandonne la pierre fraîche pour m'y poser. Puis, fouille dans le sac pour en sortir les fameux cookies fort heureusement encore indemne. J'avoue que mon estomac commençait légèrement à crier famine, ce qui explique assez bien ma coopération a rester ici. La moitié du premier termine dans ma bouche avant même que je ne les proposes aux autres. Les femmes et les enfants d'abord.

Maintenant que j'y pense, je n'ai pas encore eu l'occasion de vous poser la question ; est-ce que vous avez des prénoms pour le bébé ?
Mmh, seulement s'il s'agit d'un garçon. C'est le seul pour lequel on a su trouver quelque chose qui nous convienne. Avec le nom de Kenji en guise de deuxième prénom. Je trouve que c'est une belle manière de lui rendre hommage. Par contre, si c'est une fille… Dur de se mettre d'accord.

S'il s'agit d'un garçon je me vois mal l'appeler définitivement comme Kenji. Ce serait bien trop étrange et j'aurais bien du mal à m'y faire. Cependant, puisque n'avons pas vraiment de personnes de sexe masculin dans notre entourage familial, ou qui soit réellement bien vu, c'est un honneur de lui attribuer celui-ci en guise de second. D'un autre côté, la connotation “Bigby Junior” me fait suffisamment froid dans le dos pour ne l'avoir jamais proposé.

Quel sera le nom de ce petit combattant ? Le bébé est bien parti pour être un garçon avec tout ce grabuge qu'il nous fait.


So what ?
o s b w r n;












 
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Bigby RawlinsMessages : 1020
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MessageSujet: Re: Between Two Waters | Bigby   Mer 31 Mai - 10:00

Between Two Waters
En matière de signes avant-coureurs et de symptômes liés à l'accouchement, j'aurais tendance à me fier aux avis de la grand-mère de Laelyss et à emprunter la direction qu'elle jugerait la mieux adaptée ; mais je ne peux pas non plus passer au dessus de la responsabilité de la future mère dans cette affaire, pour qui les choses semblent aller beaucoup mieux que ce qu'on était en train de s'imaginer jusque-là. C'est vrai que tant qu'aucune contraction, nettement plus violente qu'un coup de pied de bébé agité, ne vient la prendre au dépourvu, on a logiquement le temps de mettre nos inquiétudes de côté le temps de profiter de cette balade, et ce n'est pas en ramenant tout à son état qu'elle pourra oublier celui-ci une heure ou deux au profit d'une sortie en pleine nature. Un point qu'elle me confirma justement, quoi que sous couvert d'une préoccupation d'ordre plus esthétique :

« Si tu continues à être plus stressé que moi, tu vas avoir des cheveux blancs. Et je ne suis pas encore prête mentalement à t'acheter des couleurs pour les cacher.
- Qui te dit que je ne les cache pas déjà après chaque fois où tu me fais tourner en bourrique ? Laisse-moi au moins m'en faire à ta place. »

Quel noble sacrifice de ma part que de soumettre ma chevelure aux griffes acérées du stress et du temps qui passe, rien que pour éviter à la rouquine le dur labeur d'avoir à colorer la sienne. À vrai dire, j'ignore pourquoi je m'en fais à ce point, sans doute parce qu'au fond j'aspire à ce que tout se passe bien pour Lys après ce qu'on a vécu et ce que la perte de Kenji a laissé comme blessure, car je me maudirais de la revoir aussi abattue qu'à cette période-là s'il arrivait un autre drame. Enfin, ceci étant dit, ce n'est pas non plus en l'étouffant avec mon mouron qu'elle se portera mieux de toutes façons. Sa proposition suivante a au moins le mérite de nous faire passer à autre chose que mes cheveux blancs en approche, et elle est d’ailleurs si raisonnable que la délibération ne s'éternise pas, alors que Rose étend la couverture sur l'herbe pour que nous puissions la rejoindre à sa surface.

Inaugurant aussitôt les cookies, non sans donner la vague impression qu'elle n'est pas prête de vouloir les partager de suite, Laelyss se fait ensuite interroger par son aïeule à propos de nos choix de noms pour le futur Karaté Kid. Je profite donc donc de sa réponse pour lui ôter la boîte à biscuits des mains et la tendre à son interlocutrice avant de piocher à mon tour. À force de trouver sans cesse de nouveaux noms à rajouter à la liste, avec les idées qui varient chaque jour, on avait fini par remettre tout simplement cette tâche à plus tard, ce n'est d'ailleurs qu'assez récemment qu'on avait convenu d'un prénom, pour un garçon tout du moins. Mais par chance, de nombreux avis extérieurs semblaient nous confirmer que c'était bien un petit gars qui attendait son tour dans ce ventre, même si je n'ai jamais vraiment trop cru à ces conneries plus prémonitoires que fondées. C'était davantage au goût de Laelyss de cocher les cases des tests de magazines pour voir s'ils étaient en accord les uns les autres sur le sexe du bébé à venir.

« Quel sera le nom de ce petit combattant ? Le bébé est bien parti pour être un garçon avec tout ce grabuge qu'il nous fait.
- Si c'est le cas, il s'appellera Elliot. Elliot Kenji Reiss Rawlins... on va s'amuser en remplissant les documents administratifs. N'hésitez pas à nous souffler un troisième prénom si l'envie vous en prend, on n'est plus à ça près. »

En espérant juste que ce ne soit pas l'un de ces noms d'une autre époque, trop longs pour les lignes des papiers officiels du bébé. Celui-ci ne manquera pas d'initiales sur ses cartes de visite, il paraît que ça fait toujours plus professionnel. Cela dit, si j'avais écouté le futur "tonton" -un titre plus chouette que celui de parrain, selon lui-, "Alaric" aurait aussi été un prénom de choix, quoi que je ne me voyais décemment pas demander à voix haute à un petit Alaric d'enlever les doigts de son nez ou d'arrêter de courir dans la maison les fesses à l'air. Un autre petit mâle pour me tenir compagnie au milieu de toutes ces dames serait effectivement agréable, mais je ne me refermerais pas à l'accueil d'une nouvelle fille pour autant, après tout l'accouchement demeure une loterie à hauteur d'une chance sur deux, seulement la décision finale quant à son hypothétique prénom tardait à être prise. Il faut dire qu'entre les choix discutés de son côté avec Kira pour celui ou celle qu'elle attend elle-même, et les échos à la clientèle de la pâtisserie qui n'étaient pas spécialement pour la ravir, car dieu sait combien de clientes ont épuisé mes propositions de noms, on traînait toujours à en approuver un. Bon, il nous restait encore de beaux jours avant l'accouchement pour avoir une illumination de dernière minute, alors on ne s'en faisait pas outre-mesure. Après avoir mangé un premier biscuit, j'en revenais à Rose avec cette fois un petit sourire en coin.

« Dites-moi, je sais que vous nous aviez un peu raconté comment était Lys petite, mais j'aurais aimé savoir ce qu'il en était à l'adolescence. Elle a beau me dire qu'elle était une élève modèle, je suis sûr que vous avez quelques anecdotes sympathiques sous le coude. »

Comme on dit, qui ne tente rien n'a rien. Et puis c'est toujours une bonne expérience de se remémorer quelques souvenirs au détour d'un confortable goûter en forêt, surtout quand on a celle qui était la tutrice de Laelyss sous la main pour gratter une ou deux histoires inédites et auxquelles je n'aurais pas eu droit de sa part. La taquinant d'un baiser sur l'épaule, pas désolé pour deux sous de me servir de sa famille pour l'embêter gentiment, parce que ce serait quand même dommage de ne pas profiter de cette occasion, j'ajoute à l'attention de la rouquine :

« Ne m'en veux pas ma puce, il faut bien que je remplisse un peu ton dossier. Avoue que la mauvaise influence de Kira à l'époque a dû t'attirer des ennuis ! »



« Je vous grogne dessus en chocolate »

* I can't go to hell.
* I'm all out of vacation days.








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Laelyss ReissMessages : 831
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MessageSujet: Re: Between Two Waters | Bigby   Jeu 1 Juin - 0:28

Je t'épargne le pavé dans un petit cadre o/


S
i on en croit les dires de tout le monde, le bébé est bien parti pour être un petit gaillard. Même ma grand-mère avait la même supposition et il faut dire qu'il était assez rare de la voir se tromper. Tous les signes étaient apparemment là, autant dans les actions qu'il faisait que dans le ventre si rond que je portais. J'en connaissais un qui pouvait être facilement aux anges avec une telle nouvelle, de quoi équilibrer un peu le manque de mâle à la maison. En attendant, j'avoue ne pas m'être rendu compte plutôt que son futur prénom va être littéralement long. En particulier avec nos deux noms combinés. Heureusement, Rose n'avait pas dans l'idée de rajouter une liste d'idée supplémentaire. Mieux encore, j'en viendrais presque à me réjouir de ne pas avoir une famille très nombreuse, cela évite tout un tas de mondes qui vient sonner à ma porte pour proposer leurs prénoms. Il me faut déjà faire avec les idées saugrenues de mes amies et des siens, je m'en contente amplement. Au moins, ce n'est pas comme si nous manquons de choix jusqu'au grand jour. Ma main se plonge à la recherche d'un autre biscuit, tandis que la curiosité à mon égard le pique soudainement. Forcément, moi qui n'ai jamais voulu aller au-delà des grandes lignes pour laisser cette image d'élève parfaite, voilà qu'il s'en va à la quête d'informations plus fiables à la source. C'est toute mon image qui risque de s'effondrer. Mais il fallait bien que cela arrive un jour. Au fond, je le soupçonne de vouloir en apprendre plus - ajoutons à cela le plaisir de partager les souvenirs - pour pouvoir me le ressortir en guise de chantage. Ce n'est certainement pas une idée qui m'étonnerait venant de lui. Mais, ce n'est pas comme si la dame en face de moi comptait refuser cette proposition. Au contraire, elle en sourit tellement à l'idée qu'on peut apercevoir ses dents blanches.

Évidemment, il y en a tellement qu'on pourrait en écrire un livre ! Mais arrêtons le vouvoiement dans ce cas. Après avoir mis la petite enceinte, je pense que nous nous connaissons suffisamment pour être moins formel. Nous sommes de la même famille à présent. Et ça me ravit que tu sois le père de cet enfant.
Sent toi honoré, même mon premier petit copain n’avait pas autant de chances.

Et pourtant, ils n’ont jamais cessé d’essayer d’être dans ses bonnes grâces. C’était sans aucun doute trop surjoué. Enfin, pour le peu que cela avait duré de toute façon, ce n’est pas comme si cela en avait vraiment valu la peine. Après tout, c’était bien loin d’être aussi sérieux est engagé qu’actuellement. Enfin, détail mit à part, je me remets à pensé à ce qu’il a dit et à la manière dont j’étais au lycée. Je n’étais pas une terreur et sans vouloir être prétentieuse j’étais vraiment une bonne élève. Jusqu’au jour où j’ai rencontré une fille à la chevelure rose. Quoique, elle ne m’a pas tant influencé que cela. Je n’avais simplement pas de réelle raison à faire tout ce tas de bêtises toutes seules. Alors, je défends ma cause à ce propos :

J'ai réellement était une élève-modèle. Je ne vois pas pourquoi tu remets cela en question.
Tu l'as été, mais il faut bien reconnaître que tu as eu ta période de rébellion avec la demoiselle.
Bon, ok, je veux bien le reconnaître... c’est de la faute de Kira si je me suis détournée du droit chemin. Je suis faible.

Je mime une pause de guerrier abattu par le sort, trahissant son compagnon d’armes, ce qui a le don de faire rire ma grand-mère. Une honte quelconque de lancer sa meilleure amie au lion en premier ? Non, du tout. De toute manière je compte la rejoindre d’ici peu.

Je l'adore la petite Kira, avec elle tu étais toujours en joie. Mais bon sang qu'est-ce que vous avez pu me faire tourner en bourrique toutes les deux ! Je crois que le pire restera quand même le jour où je t'ai vu complètement bourré. Même pas majeur en plus. On ne dirait pas comme ça, mais elle rend facilement la vie invivable.

J'hausse un sourcil assez perplexe ; si selon elle ceci est le pire souvenir qu'elle a de moi adolescente… Je n'ose même pas imaginer si elle était au courant du quart de ce que nous avions pu faire au lycée. Elle ne s'en remettrait jamais. Et ce sont les petits détails qu'il vaut mieux garder secret, même si cela remonte à loin, qu'il est facile d'en rire aujourd'hui. On a toujours dit que ce qui était arrivée au lycée et ceux dont personne n'était au courant, restait au lycée. C'est comme faire un voyage à Las Vegas ; on laisse toute trace de son passage sur place par souci de sécurité. Cependant, ce souvenir-là… J'aurais aimé qu'il fasse partie des choses qu'elle n'aurait jamais dû savoir. En particulier pour éviter l'engueulade qui avait suivi le lendemain est la mixture au goût affreux que nous avions dû boire pour se remettre de la gueule de bois. Bon, cela ne m'a jamais empêché de recommencer plus tard, certes, mais au moins je restais dans une limite raisonnable. Pour une première cuite on avait fait fort. Je me souviens avoir mis un temps fou à l'époque pour me rappeler la soirée entière. Fort heureusement, mis à part de l'alcool rien d'autre n'avait eu lieu. Ou en tout cas, pour ma part je sais que j'en suis ressorti toujours vierge de cette nuit-là. Mais soit, puisqu'il désirait tant des histoires croustillantes, autant jouer le jeu et les laisser sortir directement de ma bouche.

Techniquement, on avait tout prévu pour que tu ne sois pas au courant. On devait simplement se rendre à une soirée d'anniversaire, boire quelques verres - dans la limite du raisonnable - et rentrée avant minuit. Sauf qu'on n'avait pas vu venir les idées farfelues de Matt et on a fini à une soirée étudiante. On s'est rapidement laissé déborder est la suite tu la connais...
Oh oui, deux filles littéralement soûles sur le pas de ma porte. Heureusement que le jeune homme était suffisamment lucide pour vous ramener entière. Il a pris la responsabilité de sa bêtise mais, vous étiez dans un état déplorable. Je ne sais plus laquelle mais, l'une de vous deux à danser de manière très… étranges avec mon pot de fleurs.

Et voilà que je baisse doucement la tête, allant plutôt me réfugier un nez dans le paquet de biscuits. Comment ça je n'ai pas encore terminé celui que j'ai déjà en main ? C'est que j'ai faim moi vous savez. Ce n'est pas bien dur à comprendre avec qui le pot de fleurs à passer quelques instants à valser dangereusement. Ne  me demander pas pourquoi, honnêtement je ne saurais répondre à cette question. Il m'avait paru tellement beau à ce moment précis que je n'ai pas pu résister très longtemps. Voilà qui prouve que la consommation peut être nuisible pour le bien des plantes.

Parfois je me demande si j’ai bien fait de ne pas avertir les parents de Kira. J’étais vraiment trop souple avec vous deux !
Souple ? J’espère que tu rigoles ! C’est limite si je ne me faisais pas taper sur les doigts pour ne pas avoir déjeuné le matin. Un tyran.

Le petit déjeuner est le repas le plus important de la journée, j'ai bien fini par le comprendre à force. Elle était loin d'être souple, mais ce n'est pas comme si j'avais à me plaindre. Elle ne m'a pas mené la vie dure j'ai faits de mon mieux pour ne pas en faire de même. En somme, je me suis toujours estimée chanceuse, en particulier avec la liberté est la confiance qu'elle m'offrait. Les choses auraient pu être bien pires, je me moque de la maigre tyrannie dont elle faisait preuve en la taquinant, cela dit j'avais une chance sur deux pour finir face à quelqu'un de moins indulgent. Après s'être déshydraté, Rose, n'en a pas encore fini avec moi, à mon grand dam est au plus grand plaisir de certain.

À noté qu’il ne faut pas se fier aux apparences, elle est peut-être douce et adorable aujourd'hui… Je me souviens qu'une fois elle en était bien tout le contraire après s'être battu. La seule est unique si je me souviens bien, non ?
Précisons quand même que c'était de la légitime défense. Ce n'était que deux merdeux qui s'amusaient à voler les petits collégiens. Des terminales qui plus est ! Est, un jour ils s'en sont pris au petit garçon que je gardais de temps en temps les week-ends pour un peu des sous. Alors, je n'ai pas réfléchi, j'ai foncé tête baissée. J'ai pris de sacré coup cela dit, j'avais beau être une fille ils ne sont pas ménagés pour autant. Mais je m'en suis sorti pour les mettre à terre. Les cours de boxe ont eu leur utilité. Mais puisque c'était devant l'établissement est qu'il s'agissait de personnes scolarisées, j'en ai quand même pris pour une semaine d'exclusion.

Déjà plus jeune j'avais le don de sauver les petits enfants en détresse. Peut-être était-ce un signe à ce moment-là. Quoi qu'il en soit, même avec plusieurs cours de boxe à mon actif, cela ne m'a empêchée de m'en sortir bien amoché pour un bon moment. Néanmoins, cela m'avait rassuré de savoir que j'avais su les mettre dans un état tout aussi baignant dans le sang que le mien. Le môme s'en sortait sans aucune égratignure, les mains pleines de toutes ses affaires et les parents n'ont jamais cessé de me remercier infiniment. Quant aux deux autres, puisque c'était loin d'être une première, c'était bien un aller direct par la case commissariat. Pas d'échappatoire pour ses pauvres garçons majeurs. Me demande quand même ce qu'ils sont devenue depuis, c'est qu'après ça, je n'en ai plus jamais entendu parler. Quoi qu'il en soit, voilà que cela offre bien des choses à pouvoir méditer sur moi. Et encore que cela n'en est même pas la moitié. Mais, c'est un début on peut plus prometteur non ? On ne verra plus comme la gentille petite marchande de pâtisserie douce et innocente.

La future mère de ton enfant est une ancienne délinquante ainsi qu'une alcoolique. Mais tu l'aimes toujours n'est-ce pas ?

Au cas où qu'il en viendrait à changer d'avis. C'est qu'il est un peu tard pour faire marche arrière. Mais en soi ce n'est pas comme si cela me changeait beaucoup d'autrefois. Simplement que j'ai appris à être plus discrète quand j'ai envie de taper quelqu'un jusqu'à ce qu'il baigne dans le sang. Un bon point.

Mais je suis sûr que tu étais loin d'être mieux. Avoue, tu te teignais les cheveux en noir, avec de l'eye-liner en jouant les types mystérieux ! Je suis sûr que quelques crocs devaient se perdre chez les filles. Tellement “D 4rk”.




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Bigby RawlinsMessages : 1020
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MessageSujet: Re: Between Two Waters | Bigby   Ven 2 Juin - 16:53

Between Two Waters
Elle est tellement tête-à-claques que je ne serais absolument pas étonné si elle avait embarqué Laelyss dans des histoires louches. Après tout, leur première vraie rencontre s'était enclenchée par le biais de deux claques simultanées dans la tronche de l'étudiant dont les mains s'étaient baladées aux mauvais endroits. Et comme j'imagine assez bien Kira dans la peau de la merde rebelle de service, il y a moult raisons de croire que la rouquine en a subi l'influence. Au moins le nouveau sujet de conversation semble ravir d'avance sa grand-mère, impatiente de déballer les détails qu'elle s'était bien gardée de partager jusqu'à aujourd'hui. Décidant d'abandonner au passage la formalité de nos échanges, selon le prétexte tout à fait recevable d'avoir mis sa petite-fille en cloque, elle s'attarda ensuite sur le cas de la tignasse rose dont elle gardait tout de même de bons souvenirs en dépit d'une anecdote particulière, centrée sur une mauvaise cuite de jeunesse. C'est généralement la mauvaise expérience typique des parents confrontés à leur rejeton totalement murgé, le plus souvent dans l'ignorance du caractère alcoolisé de la fête, de quoi offrir un spectacle assez déplorable à un âge où on recherche l'ivresse trop vite et par-dessus tout.

« Oh oui, deux filles littéralement soûles sur le pas de ma porte. Heureusement que le jeune homme était suffisamment lucide pour vous ramener entières. Il a pris la responsabilité de sa bêtise mais, vous étiez dans un état déplorable. Je ne sais plus laquelle mais, l'une de vous deux a dansé de manière très… étrange avec mon pot de fleurs.
- Eh bien, je m'étais préparé à des cachotteries de ta part mais sûrement pas de cet ordre-là ! Je penserai à te bloquer l'accès au jardin à chaque fois que tu auras pris un verre de trop. »

L'embarras visible de Lys l'avait immédiatement promue au rang d'ennemie n°1 des plantes sans même avoir besoin de confirmer quoi que ce soit par des mots ; reste à voir si j'arriverais à me faire à l'idée de construire ma vie avec une dangereuse prédatrice de pots de fleurs. Le manque de fermeté de l'époque fut regretté par Rose, quoi que rapidement dénigré par une rouquine qui condamna avec humour cette autorité jugée excessive, me poussant à glisser un commentaire moqueur là-dessus entre deux bouchées de cookie :

« Sois reconnaissante d'avoir bien tourné grâce aux petits-déjeuners de ton tyran. »

Une main de fer n'est pas systématiquement la méthode d'éducation la plus efficace qui soit, mais elle a toutefois le mérite, bien dosée, de redresser les mômes et les empêcher de faire de la merde. En tout cas, Rose n'avait pas fait un si mauvais travail que cela avec sa petite-fille, qu'importent les déjeuners servis de force au matin. Bien partie pour réarranger davantage le portrait de cette dernière, elle enchaîna d'ailleurs sur une baston qui n'avait pas manqué de l'abîmer, à en croire le témoignage de la concernée. La défense des collégiens opprimés lui avait en effet valu des coups et une exclusion, que même son statut de jeune fille sérieuse n'avait pu lui épargner. Au-delà de tout ce qu'il m'était donné d'apprendre de juteux et qui servirait assurément dans l'avenir, c'était aussi très sympathique de les voir échanger et débattre entre elles de ces anecdotes, avec le recul qui ne dispensait pas pour autant de l'embarras ressentie même des années plus tard.

« La future mère de ton enfant est une ancienne délinquante ainsi qu'une alcoolique. Mais tu l'aimes toujours n'est-ce pas ?
- S'il n'y a que ça pour entacher ton parcours, notre amour devrait pouvoir le surmonter. »

Ce sera difficile mais nous remonterons la pente de son passif d'étudiante à problèmes, pour le bien de notre couple. Et puis je commençais à manquer de défauts à lui imputer pour équilibrer la balance avec toutes ses qualités, bien qu'il y ait prescription sur ceux-là depuis bien longtemps, à moins que je tienne à lui reprocher jusqu'à son occasionnel verre de vin en fin de journée ou ses activités d'assassin. Le glas de la vengeance sonna néamoins pour ma pomme lorsque Lys se risqua à gratter la surface de ma jeunesse, au détour d'accusations si décalées que je ne pouvais qu'approuver avec sarcasme :

« Bon sang, tu as percé à jour mes jeunes années de minet gothique. Même si en vrai, je ne suis pas certain de vouloir tout déballer devant ta grand-mère alors que je viens seulement de gagner sa bénédiction... »

Puisqu'il paraît que ce n'était pas une mince affaire, j'aurais aimé en profiter plus de quelques minutes avant qu'elle ne s'horrifie de l'individu qui partage désormais la vie de la rouquine. Bon, il n'y avait rien de fondamentalement dramatique, mais ça expose des facettes qu'elle serait en droit de trouver préoccupantes encore à ce jour, par rapport à ce qu'elle devait connaître sur mon compte. Quelque part, le fait de n'avoir aucun parent présent pour déballer mon lage sale à ma place serait une raison judicieuse de garder le silence, seulement j'en connais une qui m'en voudrait de ne pas avoir joué le jeu moi aussi. Une main posée derrière la nuque, j'essayai donc de décrire ce personnage.

« Pour être honnête, j'étais ni un bon élève, ni le défenseur des gamins harcelés, mais je me battais énormément. À partir du moment où je trouvais plus balaise que moi, il fallait que j'en vienne aux mains avec lui avant de passer au suivant, de quoi accumuler les passages à l'infirmerie et les exclusions. C'était une sorte de défi que je m'étais lancé, puis si je pouvais emmerder mon père dans la foulée, c'était tout bénéf. Désolé Rose, celui-là m'a échappé ! »

Promis, je faisais des efforts au niveau du langage pour ne pas jurer comme un marin en sa présence, un minimum de respect après tout. J'imagine que c'était le mélange explosif d'un trop-plein de colère à extérioriser après la mort de ma mère et l'envie de fracasser le paternel qui me poussait à me forger dans les bastons contre plus fort et parfois plus nombreux que moi, d'ici que mon niveau me permette enfin de lui en coller une en dépit de son vent à la con.

« Voyons voir... je fumais et buvais avant l'âge, je participais à des combats de rue clandestins et m'embrouillais régulièrement avec les professeurs que mon attitude agaçait, bref le mauvais garçon par excellence, mais bizarrement les filles ne me couraient pas tant après. Faut dire que dans le domaine, c'était plutôt elles qui me mettaient K.O. »

J'aurais tendance à dire que j'étais assez empoté. C'est ce qui arrive quand on est plus éloquent avec les poings qu'avec les mots, ça n'aide pas tant que cela à approcher les filles, sauf quand il s'agit de tabasser un ex-petit ami devenu trop lourd, dans ce cas-là j'étais clairement l'homme de la situation. Une chance que je me sois sorti de cette phase à temps pour conquérir Blanche, sinon je n'aurais pas donné cher de mon avenir en restant coincé dans un tel état d'esprit. Reste à savoir si Rose accepte toujours le fait de me savoir auprès de Laelyss, en espérant ne pas l'avoir trop déçu de mon cas. Pas qu'on ait réellement besoin de son accord pour vivre ensemble, mais quitte à devoir cohabiter jusqu'à l'accouchement et même après, autant ne pas l'avoir à dos pour si peu.

« Est-ce que je conserve ton approbation malgré tout, ou bien il va falloir recourir à une injonction du tribunal ? J'étais jeune et con, je l'avoue, mais j'ai fait au mieux pour me rattraper par la suite. »

Au final, c'est à mon tour de recadrer les gamins que je chope au centre commercial, même si mon champ d'action en est limité, je sais que quelques-uns de ces voyous auront bien assimilé mes propos ; il m'arrive d'ailleurs de recroiser ceux avec lesquels je m'étais plus investi que d'autres. J'en ferais pas une reconversion professionnelle non plus, mais si je peux intervenir dans une moindre mesure pour éviter que des jeunes partent en couille, c'est toujours ça de pris. Du mouvement dans les fourrés me fait alors tourner la tête en direction de Sharp, qui approchait de notre position. Songeant d'abord à écarter les cookies du milieu, dans le cas où il aurait été tenté d'en croquer un bout, il s'avère finalement que son intérêt se soit porté sur notre sac, à l'intérieur duquel il plongea le bout de son museau afin d'en tirer la petite couverture de la couchette du chien, embarquée de la maison pour nous faciliter le pistage, si tant est que l'on trouverait un moment pour ratisser la forêt. Mais au vu de son comportement, je dirais que le loup l'a d'ors-et-déjà flairé dans les parages, et me demande de le suivre pour ainsi pister sa trace. Empoignant donc la couverture imprégnée de l'odeur de Twister, je m'aide de l'animal pour me relever.

« Sharp a capté la trace du chien quelque part, je vais aller voir rapidement de quoi il en retourne. Lys, tu as intérêt à me laisser au moins un cookie entier à mon retour ! »

Sans savoir jusqu'où il compte m'emmener, autant prendre mes précautions vis-à-vis de la pérennité de ces délicieux biscuits. Me penchant sur la rouquine le temps de déposer un baiser sur son front, je m'en vais ensuite rejoindre le loup qui ouvrait la marche à l'opposé de la rivière. Si je chope cet imbécile de Twister en train de bouffer tranquillement des fleurs, ça va chier des bulles.



« Je vous grogne dessus en chocolate »

* I can't go to hell.
* I'm all out of vacation days.








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Laelyss ReissMessages : 831
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MessageSujet: Re: Between Two Waters | Bigby   Lun 5 Juin - 12:39


J
e me demande si l'image que j'ai de lui étant adolescent est la même de ce qu'il était réellement. Soyons honnêtes, il n'a pas le profil pour le petit gamin sage, assis au premier rang, une paire de lunettes et qui répond correctement à toutes les questions au point de se faire frapper à la sortie de l'école. Je ne dis pas que je le voyais comme un élève stupide, cependant, pour moi c'est bien plus l'image d'un cancre de classe plus ou moins doué avec les filles, qui en ressort. Après qui sait, malgré son sarcasme sur le fait qu'il était peut-être un gothique refoulé, il se peut qu'il le fût réellement sans avoir le courage de l'avouer. Même si je doute sincèrement qu'il appréciait autrefois les jeans troués. Blague à part, la révélation sur son comportement tombe enfin et, à mon grand regret j'étais loin de la bonne déduction. Sûrement aurais-je pu m'en douter au vu du loup qui le tient et dont Kira était aussi possession, avec son caractère de cochon et ses tendances à vouloir taper tout le monde en étant jeune. Mais cela relève plus de la coïncidence qu'autre chose. Au moins il était par avance déjà doué dans son domaine en ce qui concerne d'offrir avec joie des tartes à la tête de ceux qui ne lui revienne pas. Rose, lâcha un soupire moqueur, son langage si fleuri ne semblant guère l'atteindre plus que cela. Je l'avais déjà mise en garde sur le sujet à la toute première rencontre, même si lui de son faisait de son mieux pour limiter les dégâts. Jusqu'à présent ce n'était pas encore un obstacle pour avoir son approbation.

Quoi qu'il en soit, cela me rassure de savoir qu'il était loin d'être mieux que moi dans le genre “ado perturbateur”. À vrai dire, à côté de lui, je suis bel et bien une élève-modèle est cela même avec mes quelques dérapages par-ci par-là. Bien plus pardonnable que les siens en soi. Au fond, si on avait été amené à se rencontrer plutôt, le courant aurait eu du mal à passer entre nous. Ou dans le cas contraire, le refus ne serait pas venu de moi. À tous les coups le bonbon rose et lui n'aurait jamais été voué à s'entendre d'une quelconque manière. Bien dommage.

Est-ce que je conserve ton approbation malgré tout, ou bien il va falloir recourir à une injonction du tribunal ? J'étais jeune et con, je l'avoue, mais j'ai fait au mieux pour me rattraper par la suite.
Une fois qu’on a su supporter celle-là durant l'adolescence on peut tout surmonter. Nous pouvons donc laisser le tribunal en paix.

Je gonfle les joues presque vexées de cette petite attaque. C'est très bas, plus encore venant d'un membre de sa famille, mais j'imagine que je l'ai bien mérité pour l'avoir fait tourner en bourrique plus d'une fois. Enfin, du moment qu'elle l'aime bien et qu'elle me le laisse dans ma vie, je peux bien supporter des petites piques de ce genre-là. Mains tendu pour attraper un énième gâteau, je remarque la présence du loup qui s'approche, moi qui pensais qu'il était parti s'allonger paisiblement dans l'herbe sous arbre, il était finalement plus occupé à être à la recherche d'une boule de poils tout aussi bornée que sa maîtresse. Une fois que les retrouvailles seront faites, celui-ci passera un sale moment et j'ai déjà des idées de sa punition qui lui resteront gravées en mémoire un petit moment. Rien de bien méchant, mais lui qui n'apprécie guère l'eau en ma présence ━ à moins que ce soit celle d'une rivière ou de la plage ━ il allait être servi. En tout cas, puisque sa présence semblait suffisamment proche, avec un peu de chance il allait nous revenir d'ici peu, à moins qu'il ne s'amuse à rendre Big et Sharp dingue à s'enfuir sans cesse. Dans ce cas-là, je ne donne pas cher de sa peau. Laissant Bigby est son loup partir, sans réellement promettre de ne pas toucher aux cookies ━ il en reste encore suffisamment mais, au rythme où je les avale ils ne tiendront pas longtemps ━ je profite de la tranquillité qu'apporte la forêt. Néanmoins, une fois qu'il se trouve suffisamment loin, j'en viens à demander à ma grand-mère une question on ne peut plus sérieuse :

Il reste toujours dans ton estime malgré son passé mouvementé ?
Bien sûr que oui ! C'est ce qui a fait ce qu'il est aujourd'hui. Un homme charmant qui, malgré sa première femme et fille, prend soin de la nouvelle avec beaucoup de douceur.

Me voilà donc rassuré. C'est qu'on n'est jamais à l'abri d'un revirement selon les petits secrets appris. En soi, ce serait assez vache, plus particulièrement puisque cela remonte à des années. Mais c'est toujours bien de le savoir. Et puis cela aurait pu être pire, Rose aurait pu être doté d'une aversion profonde en ce qui concerne les Domae, ce qui rendrait la relation bien plus compliquée qu'il n'est paraît. Fort heureusement, celle-ci n'a jamais vraiment mis un nez en ce qui concerne le conflit de cette ville. Et d'un autre côté ce serait assez malvenu de sa part pour avoir eu un mari qui venait d'une famille ━ si j'en crois les histoires raconter autrefois.

C'est bien mieux de te savoir avec lui qu'un pirate mal luné. Surtout, ne le change, pas il est très bien ainsi.
Il ne faut pas t'en faire pas pour ça. Je l'aime tel qu'il est, avec ses qualités et ses défauts. Et, c'est sûrement dur à croire, mais je lui en trouve que très peu !

J'ai essayé, vraiment. J'ai fait le tour de ses qualités et de ses défauts et malgré ce qu'on peut en penser au premier abord, la liste des points négatifs est très maigre. Non pas que je m'en plaigne, mais c'est toujours surprenant que j'y pense. En tout cas, cela ne fait aucun doute que grand-mère préfère cette relation stable et durable, qu'un marin d'eau douce au passé tumultueux. J'avoue n'être jamais entré dans les grandes lignes en ce qui concerne les sept années passées à flotter sur l'eau et si je le ferais, ce serait lui offrir une crise cardiaque dont elle ne s'en remettrait jamais. Cependant, du peu qu'elle en sait, me savoir avec ce genre de type de fiancé était loin de lui convenir. Et ce n'était pas faute d'avoir tenté de lui vendre quelqu'un de ses mérites. Mais passons, ce n'est pas comme si les regrets me guetter à ce sujet-là, bien au contraire.

Rose était plongé dans un profond silence, à me regarder. Étrange est presque effrayant, son visage se radoucit, mais quelque chose la perturbée. Je lui demande donc de bien vouloir m'expliquer ce qui peut bien la déranger. Elle hésite en premier, puis comme si elle prenait son courage a deux, se lance enfin :


Est-ce que tu es sûr de vouloir avoir un enfant dans cette ville ? Je ne te forcerais pas à déménager, c'est une décision qui t'appartient mais… Je n'ai pas envie d'apprendre dans une lettre que mon petit-fils ou ma petite-fille a perdu la vie. Et je te connais suffisamment pour savoir qu'une deuxième perte ne te sera pas supportable.

Jusqu'à aujourd'hui, le sujet n'avait encore été jamais abordé. Et pourtant, il fallait bien qu'elle me pose la question à un moment donné. Il était normal qu'elle s'en fasse pour sa descendance, j'en étais au même point. Elle n'avait peut-être pas de réel lien de parenté avec Kenji, je sais que sa perte l'avait tout autant affecté comme si c'était le sien. Et la peur de revivre la même situation était toujours présente constamment. Même si jusqu'à présent, j'ai toujours fait de mon mieux pour que ce ne soit pas un obstacle et avancer.

Je sais. Et crois-moi j'y ai longuement réfléchi. Honnêtement cela ne me plaît pas plus que ça. Et la simple idée de savoir que j'arrive à terme à Quederla me fait terriblement peur. Mais, j'y ait construit beaucoup de choses ici, des relations, un travail, des amies et cela a pris du temps pour y arriver. Ce serait comme un échec de laisser tout ça derrière...

À la fois, personne ne peut nier que ce soit quasi égoïste de vouloir élever un enfant ici et l'exposer au danger. Néanmoins, c'est un choix qui a été longuement exposé et étudier. On sait à quoi s'attendre même ne posant les pour et les contres. Mais je comprends qu'elle se fasse du souci, tout le monde s'en ferait dans une telle situation.

D'un autre côté, il n'y a pas que moi. Partir ce serait l'obligé à faire une croix sur sa fille, ou du moins la voir qu'une fois par an. Ainsi que son ex-femme qui a besoin de lui. Je ne suis pas en droit de lui faire cela et, ce n'est pas non plus ce que je souhaite.

Je serai une nouvelle compagne bien horrible que de l'obliger à faire un choix entre sa nouvelle vie et l'ancienne. Et ce n'est pas comme si c'était invivable au point d'en arrivée-là. L'entente est bonne, autant ne pas la détruire en décidant de faire une croix sur tout ce qui nous entoure. La réponse lui convient pour le moment, mais je suis priée de faire attention et de ne pas hésiter à revenir sur tout cela en cas de besoin. J'espère simplement naître pas en arrivée là trop tôt. En attendant, je lui demande de m'aider à me relever et me laisser mettre mes petits pieds dans la rivière. Je me sens monter en chaleur et à défaut d'avoir pris de quoi prendre un bain, autant sentir la fraîcheur de l'eau contre mes jambes. Chaussure enlevée, je m'assois sur la pierre à bonne hauteur, la rivière s'échouant contre le bas de mes genoux.

Ah ! Que penses-tu de Perséphone ?
La déesse grecque. Tu veux que ma fille porte le nom d'une déesse ?
Toi qui aimes l'histoire, tu devrais pouvoir trouver ton compte dans les mythologies. Et puis c'est joli. Dis-toi que j'aurais pu te proposer Aphrodite.
Oh pitié non !




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Bigby RawlinsMessages : 1020
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MessageSujet: Re: Between Two Waters | Bigby   Lun 12 Juin - 23:07

Between Two Waters
Heureusement qu'il y en a au moins un qui ne perd jamais le nord malgré les discussions de jeunesses dépravées et de naissances futures. Couverture de Twister en main, je suis le loup sans pour autant me presser, privilégiant plutôt une démarche discrète pour ne pas risquer de l'alerter s'il se trouvait effectivement dans les parages ; ce qui me paraît être de plus en plus le cas à mesure que nous retraçons le chemin olfactif laissé par le cabot entre les arbres. Il y a intérêt pour lui que je n'ai pas eu à abandonner mes cookies entre les mains de Laelyss pour des prunes, mais le comportement de Sharp laisse à penser que nous ne nous contentons pas de suivre des traces plus vieilles que de quelques heures, un bon point pour ma gourmandise mise à mal.

Subitement à l'affût, le loup se mit à contourner un petit plateau légèrement en contrebas, au-dessus duquel on pouvait distinctement voir un clébard gratter le sol avec beaucoup d'énergie, pas le moins du monde concerné par les soucis que nous pouvions nous faire à son égard. Il se fit encore un peu les griffes dans la terre avant de faire un bond au grognement de Sharp derrière lui, mettant alors fin à ses activités de labour pour secouer la queue à ma vue, et bientôt il gambadait autour de mes pieds comme si je revenais simplement de ma journée de travail.

« Tu pourrais au moins faire semblant de te sentir coupable. »

Qu'importe, je suis à peu près sûr que Lys se réserve justement le droit de le punir comme il se doit pour sa vilaine fugure, alors autant ne pas lui voler cette responsabilité. Je m'accroupis tout de même pour parcourir le pelage de Twister avec mes mains, dans l'éventualité de trouver de possibles blessures infligées au cours d'un combat ou, plus probable, faites lui-même à cause de ses conneries. Ne trouvant guère plus préoccupant qu'une éraflure sur le flan, laquelle ne donnait pas l'impression d'avoir saigné abondamment non plus, je m'accordais donc à rapatrier tous ces canidés jusqu'à notre emplacement de pique-nique, en veillant bien sûr à ce que l'épris de liberté ne reparte pas à nouveau dans les bois. Regagnant ainsi le bord de la rivière où ces dames semblaient profiter du cours, c'est sans un bruit que j'arrive tranquillement derrière elles, pile à temps pour capter une bribe de leur conversation en dépit de la distance.

« C'est joli "Aphrodite", mais j'ai peur que ce ne soit pas un prénom évident à porter à la crèche. »

À partir du moment où on tape dans les noms issus de la mythologie ou à consonance religieuse, on a vite fait de se démarquer du reste de ses camarades et ce n'est pas vraiment le genre d'attention qui ravit un gosse en grandissant. Sans compter que ça peut sonner pseudonyme de travailleuse, du genre qui fait des pirouettes autour d'une barre de danse, mais ce n'est pas un commentaire que ira se frayer un chemin hors de mon clapet ; y a quand même une chance sur deux que ce soit ma future fille dont il s'agisse, alors n'allons pas la condamner d'office à cette carrière qui, même en étant ouvert d'esprit, n'est pas la plus remarquable qui soit du point de vue d'un père. Ma petite meute se démantèle rapidement alors que Twister se met à foncer en direction de la rouquine, sans doute trop enjoué des retrouvailles pour redouter le sort qui l'attend. Je lui siffle malgré tout de se calmer en arrivant sur elle, qu'il n'aille pas mettre de gros coups de pattes sur le ventre de Laelyss -pour ça, elle en a déjà un là-dedans- ou la pousser hors de son rocher dans un élan de gaieté.

« J'ai trouvé ce vaurien en train de creuser des galeries dans un coin, et je doute que l'une d'elles rejoignent la maison pour venir nous faire un coucou. »

M'est avis qu'il préfèrerait davantage profiter de son séjour en forêt plutôt que de se soucier de ses propriétaires. Enfin, il n'empêche que ce clébard n'était pas la moitié d'un con, puisqu'il a bien dû se débrouiller pour trouver de quoi manger et ne pas se faire réduire en descente de lit par un animal sauvage qui passerait par là. Ce n'est pas pour autant qu'on ne redoublera pas de prudence à l'avenir, que ce soit en fermant la maison ou en le promenant en laisse, d'ici qu'il nous refasse une fugue à cause d'une louve qui lui fait tourner la tête. Qui sait, peut-être que c'est justement sa patte qui a marqué son flan. On ne le saura probablement jamais, mais en attendant, il est certain que ce gros crétin s'est plu à se rouler allègrement dans les feuilles mortes et la terre, au vu de l'état de son poil. L'occasion était en or au moment d'en toucher deux mots à madame :

« Je sais que c'est généralement à moi que revient la corvée de toilettage, mais je ne dirais pas non à un coup de main... un petit jet sous pression ne serait pas du luxe pour décrasser tout ça. »

Quelle chance d'avoir une Élémentis d'eau à disposition pour cela. Je pris donc grand soin de faire le tour pour me placer dans le dos de Laelyss, logiquement épargné de la flotte censée s'abattre sous peu sur le canidé dissident, tandis que je plaçais mes mains sur ses épaules pour les masser doucement. Au moins le compte des occupants de la maison y sera en rentrant de la promenade, puis c'est Praline qui en sera ravie également, sauf si elle s'est déjà bien faite à l'idée d'être le seul animal de salon.



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