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 On se remet de tout...

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Haizea Ariya-SerykMessages : 361
Date d'inscription : 18/11/2015


MessageSujet: On se remet de tout...   Sam 4 Fév - 15:32

On se remet de tout...

SOLO

...

*****

Le froid de la neige contre ma peau. La chaleur du sang qui coule sur mon visage. La brûlure dans la paume de ma main meurtrie. Les pulsations violentes dans ma chevilles. Les échos puissants résonnant sous mon crâne. Tout a disparu. Comme par magie. Pourtant, j'ai toujours cette sensation qui m'oppresse. Quelque chose ne va pas. Mais quoi? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Tout s'efface, ressentis, émotions et souvenirs, le tout se mêlant simplement en un bain de ténèbres qui m'aspire et me capture. Dont je reste prisonnière, incapable de m'en débattre.

*****

J'entend vaguement des voix se manifester autour de moi et changer à un rythme inquiétant et rapide. Mais je ne comprend rien, ne saisis aucun mot pour autant. Je sens que je suis déplacée, que l'ambiance change autour de moi mais encore une fois, je ne capte rien de plus. Comme mon cerveau était déconnecté mais que mon corps continuait de m'envoyer des centaines de milliers de message que je ne parviens pas à analyser. Tout est trop brumeux et déjà, tout s’éteint de nouveau. Les vagues odeurs ou bruits perçus se fondent dans une masse épaisse qui m'avale aussi doucement que violemment, m'emportant loin de tout.

*****

Tout est noir. Je ne vois que les ténèbres, je suis plongée littéralement dedans. Comme si je baignais dans une atmosphère à la fois lourde et rassurante. A la fois confortable mais aussi gênante. Je flotte dans cette ambiance qui est à la fois douce et inquiétante. Parfois légère et à d'autre oppressante. Comme si j'avais oublié quelque chose d'important mais que je n'arrivais pas à m'en souvenir.

Lentement, j'ai le sensation que ce brouillard épais qui enveloppait commence à s'effilocher. Comme si mon esprit était attiré par autre chose, que je ne distingue pas encore et pourtant terriblement proche. Doucement, les ténèbres se changeant en lumière qui, bien que faible m'agresse à tel point que je ne parviens pas tout de suite à ouvrir les yeux. Mes paupières papillonnent battent à de nombreuses reprises avant qu'enfin, un début d'image ne parvienne à mon esprit.

Une salle, inconnue. Vide et blanche. Une fenêtre en face de moi qui me laisse observer un soleil absent et un ciel gris et lourd. Qui lâche des taches blanches volettantes dans l'air. De la neige... Et soudain, tout mon corps réagit, sans que je ne le réalise vraiment. La peur me prend, violemment et si profondément que déjà, je suis redressée avant de me lever. Sauf que je ne ferais pas un pas.

Le choc est violent, et m'arrache un cri que personne n'entendra, resté prisonnier de ma gorge tellement l'afflux de douleur fut puissant. Et alors que je me retrouve au sol, sur le carrelage froid, je perçois comme des hurlements stridents et répétitifs. Qui résonne en échos dans la pièce, tout autour de moi, comme une forme d'alarme. Avant qu'une silhouette n'approche en courant, hurlant des paroles incompréhensible à l'adresse d'autres ombres blanches comme elle.

Je suis déplacée mais je crie. Ma main. Mon pied. Mon ventre. Ma tête. Et ce sang, dans ma bouche. Et puis, une sensation de déjà vécu. Une pression dans mon bras et puis l'univers entier qui se fond en une simple palette de noirs et de gris alors qu'à nouveau, je sombre dans l'inconscience. Mais pourquoi? Je voudrais lutter mais déjà, c’est fini. Mon corps et mon esprit déclarent forfait avant de nouveau se perdre dans les méandres de ce sommeil provoqué et forcé.

*****

La lumière est toujours aussi forte mais cette fois, je ne vois rien. Enfin, la fenêtre est close. La nuit? Possible. Cette pièce, c'est toujours la même. Mais cette fois, je commence à comprendre de quoi il s'agit. Une chambre d’hôpital. Les bips et autres sonneries qui m'entourent sont issues des machines qui me surveillent, formant comme une berceuse qui m'effraie plus qu'autre chose. Ma vision est encore un peu floue mais en voulant passer ma main devant mes yeux, je grimace et gémis.

Ma main, je ne peux pas la bouger. Je suis attachée. Pourquoi? Je ne comprend pas. Et soudain, je me souviens de ce visage à demi-masqué, de ce sourire mauvais et sadique. La panique me gagne de nouveau et je tente de me débattre, faisant s'exciter les capteurs et autres machines alentours qui sonnent à m'en donner le tournis. Non, taisez-vous, arrêtez, ne le prévenez pas !!

La silhouette arrive de nouveau mais ce n’est pas celle que je craignais. Une femme, cheveux bruns et longs, elle ne ressemble pas au tueur. Mais je me met à hurler malgré tout. Je veux comprendre, je veux sortir d'ici. Sa main sur mon front ne m'apaise nullement et ses mots ne perce pas ma frayeur. Elle parle, je vois ses lèvres bouger mais rien de lus. Je la fixe, des larmes plein les yeux avant que de nouveau, je me sente être happée vers un repos que je ne réclamais nullement. Pourtant, dans un sens, j'en suis presque soulagée. Au moins là, je n'ai plus peur, et plus mal.

*****

Le décor ne change pas, mon état non plus. Je ne peux toujours pas remuer, mes bras et mes jambes sanglés au lit. Pourtant, cette fois, je n'essaie même pas de bouger. La douleur, jusque là bien tapie profondément, semble elle aussi se réveiller. Il fait jour à présent, le ciel est clair et lumineux mais je trouve les lieux sombres. Inquiétants. La solitude m'inquiète, le ronronnement des machines aussi. Les pas au-dehors aussi.

Et puis, cette apparition là manque de me faire hurler. Un esprit, un fantôme. Je sens que mes yeux se brouillent alors qu'une sensation douce et fraîche me caresse le visage. Lentement, je rouvre les yeux et finis par comprendre. Gaea est là. Il est assis sur le lit, avec moi. Ses doigts fins passant sur mon front et essuyant mes larmes. Il me chuchote des mots rassurants, apaisants. Que je retiens mal pourtant. Sécurité. Soigner. Aller mieux. Reposer. Désolé.

Pourquoi est-il désolé? Lentement cette question s'impose et se manifeste comme des éclairs de souvenirs, vibrants au travers de la brume qui enveloppe encore mon esprit. le combat contre l'homme au masque. Le couteau que j'arrache de ma main pour venir le frapper. Sa gorge qui cède, le sang qui gicle et m'éclabousse, mon cri et le sien qui se mêlent avant qu'il ne tombe et se taise. Définitivement...

Mon regard s'écarquille, de stupeur et d'horreur. J'ai tué un homme. J'ai pris une vie. Je suis une meurtrière, un monstre assoiffé de sang. Et dans mes bribes de souvenirs, je perçois aussi une autre présence. Que je reconnais. Nemeroff. qui ne bouge plus. Ne respire plus. Ce qui finit de faire monter la panique de nouveau en moi. Je l'ai tué, lui aussi. Non, ce n’est pas possible. je ne peux pas y croire!

Malgré les mots doux et rassurants de Gaea, je ne peux pas rester calme. Et de nouveau, les machines s'emballent. A contre coeur, le fantôme de mon père disparaît alors qu'une autre infirmière entre dans la pièce. Que j'agresse presque de mes questions. Nemeroff, ou est-il? Je veux le voir. Elle se contente de m'obliger à me calmer, me promettant de me répondre rapidement, dès qu'elle saura. Sauf que si elle ne sait pas, c'est donc qu'il est bel et bien mort.

La douleur semble me dévorer de l'intérieur, me faisant pleurer et gémir comme jamais alors que cette fois, la femme se contente de rester près de moi. Sa main saisit la mienne intacte et me dit simplement de tout laisser sortir, que ça ira mieux après. Alors, je laisse toute ma frayeur déferler en une vague impressionnante, balayant tout sur son passage. Je tremble, de fatigue et de froid alors que la peur me ronge. Pourtant, son expression calme et sereine demeure.

Et au bout d'un temps qui me parait infini, mes paroles se tarissent, ne laissant plus que les soubresauts de mes sanglots répondre au rythme des machines qui se font moins bruyantes elles aussi. Et je sens de nouveau les ténèbres m'attirer doucement. Mais naturellement cette fois. Je suis si fatiguée. La voix douce me rassure avant de me laisser me reposer mais une silhouette rend aussitôt sa place. Gaea. Papa. Qui me jure de veiller sur moi, le temps que je dorme pour reprendre des forces. Alors, je me laisse aspirer vers le sommeil qui me tend les bras de nouveau.

*****

Lentement, douloureusement aussi, la réalité reprend sa place. A force de réveil et de sommeils agités, doucement, les événements ont repris leur place dans mon esprit. Comme un puzzle trop compliqué qui finalement, se résous tout seul le moment venu. Aujourd'hui, le médecin a accepter de me détacher durant la journée. Même si il refuse de me laisser libre pour la nuit. Mes blessures sont encore trop importantes et surtout, selon leurs dire, je suis victime de terreurs nocturnes. Même s'ils sont optimistes sur le fait que cela ne durera pas, ils préfèrent éviter que je me sur-blesse.

J'ai appris aussi que Nemeroff était vivant. Lui aussi est encore en soins. Même si son état physique n'est pas vraiment rassurant, visiblement, il ne risque pas de mourir de façon imminente. Du moins, s'il se tient tranquille. Cela me rassure et me permet d'ôter un poids certain de ma poitrine. Mais quand je demande à le voir, on me le refuse. Pas avant 2 jours au minimum.

Le crépuscule finit par laisser place à la nuit. Le rythme de l’hôpital se fait plus lent avec les visites terminées. J'ai un peu peur de dormir mais je suis encore fatiguée. Et les anti-douleurs, que je prend de façon très régulière et à dosage puissant m’assomment aussi à leur manière. D'ailleurs, depuis combien de temps suis-je là? Je ne sais pas. J'ai perdu toute notion du temps depuis que je suis ici.

L'infirmière de nuit est celle avec laquelle j'avais parlé. Elle reste de nouveau un peu avec moi. Elle avait un enfant qui est parti, a presque mon age. Alors, elle a promis que cela n'arriverait plus. Je la comprend. Et visiblement, elle aussi est sensible à ma détresse. Si bien qu'elle accepte de ne pas m'entraver ce soir. Je crains toujours les cauchemars mais ils sont surtout des souvenirs. Que je dois digérer, accepter et surmonter. Comme je l'ai déjà fait avec tant d'autres choses.

Elle me trouve courageuse et m'encourage, à sa façon. Elle fini pourtant par me laisser, devant aussi s'occuper des autres patients présents. Avant de s'en aller, je lui demande un dernier service. Chanter avec moi 'Twinkle, twinkle, Little Star'. Si ma demande la surprend, elle accepte et me donne même le rythme, que la fatigue me fait peiner à suivre. Puis, elle me souhaite une bonne nuit avant de sortir, laissant la porte entrouverte. Juste au cas ou les cauchemars seraient encore trop forts pour moi.

*****

Le dernier bip s'éteint. La dernière machine est débranchée. Si je ne peux pas encore sortir, au moins, je peux maintenant me débrouiller seule. Malgré les cauchemars toujours présents, je ne suis plus attachée. La douleur est toujours trop vive pour sue je passe de la perfusion mais aujourd'hui, j'ai eu le droit de sortir de mon lit. Je ne suis pas allée loin, l'aller-retour à la salle d'eau de la chambre m'a épuisé mais au moins, j'y suis arrivée.

Le médecin est repassé et même si mon état reste plutôt grave, il n'y a rien plus rien d'alarmant en soi. Je cicatrise lentement mais surement, mes constantes sont un peu faibles mais correctes et je fais des efforts. Donc il est optimiste. Et à ma demande de pouvoir voir Nemeroff, il fini par accepter même s'il me demande d'attendre encore au moins 24h. Le temps qu'ils s'assurent qu'il soit vraiment stabiliser.

Marie m'a fait parvenir une lettre. Elle m'assure qu'elle viendra bientôt me voir, quand je sortirais des soins intensifs. Tous les membres du Comité des élèves ont écrits un petit message ainsi que certains autres de nos camarades communs. C'est peut-être idiot mais cela m'a fait du bien. Elle n'a pas peur de moi, elle est toujours mon amie. Je ne sais pas ce qui a été dit aux autres mais aucun n'a visiblement changé de comportement vis à vis de moi. Alors cela me rassure.

Pour les devoirs et les cours, je verrais le rattrapage plus tard. D'abord, je dois me soigner. Aller mieux. Comme ça, je pourrais aussi rentrer à la maison. Et éviter des soucis supplémentaires à Kira et Vilmos. Oui, maintenant, il est temps que je pense un peu à moi. Pour que les autres n'aient plus à le faire. Alors, je ferme les paupières, laissant Morphée venir m'envelopper de ses bras. Ou pour la première fois depuis plus d'une semaine, je ne ferais pas de terreur nocturne.

Comme quoi, le temps fini vraiment par avoir remède à tout...





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